Économie

Télétravail: les travailleurs veulent plus de clarté sur l’après-pandémie

Le manque de clarté par rapport aux conditions de retour au travail rend certains travailleurs anxieux à l’idée de retourner au bureau. Les employés dont l’organisation n’a pas communiqué d’informations détaillées au sujet de la stratégie qui sera adoptée pour le télétravail sont plus nombreux à douter que leur employeur leur permette de continuer à travailler à partir de la maison. Ils envisagent également le retour au bureau avec plus d’inquiétude.

C’est le constat tiré d’un sondage mené par LifeWorks, une firme de solutions de mieux-être anciennement connue sous le nom de Morneau Shepell. L’enquête a été effectuée en ligne entre le 28 mai et le 4 juin auprès de 3000 répondants canadiens.

Selon les résultats de l’enquête, un quart (25 %) des employés n’ont aucune idée de ce que leur organisation envisage et 12 % ne croient même pas que leur employeur a un plan. Ce qui porte à 37 % le pourcentage de salariés sondés qui ne savent toujours pas sur quel pied danser à cinq semaines du mois de septembre, période visée par de nombreux employeurs pour un retour au bureau.

Plus du tiers (38 %) des employés questionnés s’attendent à ce que leur patron exige un retour au bureau.

À peine 6 % des répondants croient qu’ils pourront choisir leur lieu de travail. Or ce sont eux qui indiquent un « score de santé mentale nettement plus favorable » (-6) comparativement à celui de l’ensemble de la population (-10,7). La firme de mieux-être se base sur une série de facteurs pour créer un indice mensuel de santé mentale qu’elle dévoile depuis avril 2020. En juin, l’indice de santé mentale se situait à près de 11 points sous le score de référence antérieur à 2020.

Les données indiquent une inquiétude parmi les personnes sondées qui craignent qu’on leur impose une directive ou que leur employeur leur refuse le mode hybride. Et ce, malgré l’appui de la population envers le télétravail qui a largement été documenté au cours des derniers mois.

Se pourrait-il que l’employeur accorde la permission de continuer à travailler à partir de la maison, mais que l’employé puisse croire exactement le contraire ? Serait-ce une question de perception ?

L’une des explications fournies par la vice-présidente aux ventes de LifeWorks, Lisa Angeloni, est le manque d’informations communiquées aux employés sur les différentes possibilités. « On voit clairement une anxiété qui est causée peut-être par un bris de communication », déclare-t-elle en entrevue téléphonique.

Elle souligne que les employeurs auraient intérêt à partager leur intention le plus rapidement possible afin de chasser l’incertitude des salariés. Ceci contribuerait également à un plus grand sentiment de mieux-être et de sécurité, avance Mme Angeloni. LifeWorks indique que les données recueillies laissent croire que les travailleurs dont l’employeur démontre une plus grande flexibilité sont plus susceptibles d’avoir une meilleure santé mentale, d’être motivés et productifs.

Pas de retour en arrière

Mme Angeloni rappelle qu’une grande majorité des employés aimeraient poursuivre le télétravail, selon d’autres sondages que son organisation a également menés. C’est pourquoi la firme juge pertinent pour les organisations d’être à l’écoute des besoins des employés, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre où les gens peuvent choisir une entreprise qui pourra leur garantir plus de flexibilité.

La pandémie de COVID-19 a en effet permis de démocratiser le télétravail, si bien que beaucoup ne songeraient plus à retourner en arrière. C’est le cas de Jonathan Anestin, qui est gestionnaire de compte dans le domaine des technologies.

Le Québécois travaille pour une compagnie située en Ohio, aux États-Unis. Il a intégré sa nouvelle équipe à distance en août 2020 et même s’il ne cherchait pas spécifiquement un emploi qui lui permettrait de travailler de la maison à temps plein, aujourd’hui, le mode de vie lui plaît. Il dit comprendre l’appréhension qu’éprouvent certains travailleurs à l’idée de retourner au travail en personne.

Le jeune père de famille qui se levait habituellement entre 5 h et 5 h 30 pour arriver au travail à 9 h n’échangerait pas les heures perdues dans le trafic et la course pour aller porter les enfants à la garderie contre la flexibilité qu’il a gagnée depuis bientôt un an. « Maintenant, si tu me demandais de retourner au bureau, je ne sais pas si j’en serais capable », dit-il.

À voir en vidéo

Source: Économie – Le Devoir

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