Économie

Pandémie, sécheresse et pénurie : la fraise du Québec dans la tourmente elle aussi

 

Certains ont reçu seulement 10 % des travailleurs étrangers qu’ils espéraient, explique David Lemire, président de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec. Les besoins deviennent criants dans certains endroits.

Ils le sont particulièrement vers l’est du Québec, où la récolte de fraises est habituellement plus tardive.

Les producteurs en serre de Montréal, par exemple, accueillent la majorité de leurs travailleurs en mars, indique David Lemire. Ils ont leur main-d’oeuvre là-bas.

Plus on se déplace vers l’est, plus, naturellement, la récolte s’effectue plus tard. C’est à l’est que la pénurie de main-d’oeuvre est la plus importante, notamment dans la région de Québec.

David Lemire, président de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec
Homme dans un champ de fraises.

David Lemire, propriétaire de la Ferme horticole Gagnon, à Trois-Rivières, et président de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec

Photo : Radio-Canada

L’ensoleillement exceptionnel des dernières semaines a par ailleurs accéléré la croissance des fraises cette année.

Ce qui aurait été une bonne nouvelle en temps normal prend plutôt au dépourvu des producteurs qui manquent de bras pour récolter le précieux fruit.

En Gaspésie, j’ai un ami qui a seulement 6 travailleurs présentement. Il en attendait 40, affirme Vincent Méthot, des Fermes Méthot de Saint-Nicolas.

Lui s’en tire plutôt bien : 80 % de ses travailleurs ont pu atterrir dans ses champs. Par contre, le printemps n’a pas été de tout repos.

Ç’a été très, très rock and roll, explique-t-il. Avec la COVID, l’arrivée des travailleurs, le confinement des travailleurs, la fraîcheur du début, les coups de chaleur, et maintenant la sécheresse…

Il faut être capable de se retourner sur un 10 cennes, comme on dit.

Vincent Méthot, propriétaire des Fermes Méthot
Vincent Méthot affirme avoir 7 à 10 jours de retard dans sa production de fraises.

Vincent Méthot affirme avoir 7 à 10 jours de retard dans sa production de fraises.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Si la récolte des fraises, chez Méthot, ne pose pas problème, c’est la sécheresse qui inquiète.

On arrive à l’extrême, explique Vincent Méthot. Dans l’ensemble de la province, nous avons reçu le tiers des averses que nous aurions dû avoir en mai et en juin.

Le goût de la fraise ne souffrira pas de la sécheresse grâce au système d’irrigation moderne qui permet de lui fournir les nutriments nécessaires à l’élaboration des sucs.

Toutefois, elles pourraient être plus petites dans les cassots.

Le soleil, c’est très bon pour le fruit. Par contre, c’est possible que le calibre soit plus petit en raison de la chaleur, parce que le fruit mûrit plus vite, analyse Louis Gosselin, de la Ferme François Gosselin, de l’île d’Orléans.

Un homme tient dans ses mains deux cagettes remplies de fraises.

Le soleil rehausse la saveur des fraises… mais la chaleur soudaine et continue réduit leur taille.

Photo : iStock

L’escouade de travailleurs de M. Gosselin, d’habitude forte de 122 cueilleurs étrangers en temps normal, n’en compte que 80 cette année en raison de problèmes administratifs.

Ça ne devrait pas être dramatique, insiste le propriétaire de l’île d’Orléans, puisque nous avons des techniques qui permettent d’étaler la récolte sur six semaines.

Le manque de main-d’oeuvre, qui forcera certains producteurs moins bien lotis à abandonner des fraises aux champs, pourrait jouer sur les prix.

Le prix des fraises, ça dépend vraiment de l’offre et de la demande. Ce n’est pas un produit qui peut se conserver pendant des semaines. Moins le volume disponible est grand, plus les prix risquent de l’être aussi.

Louis Gosselin, propriétaire, Ferme François Gosselin

Avec les informations d’Hadi Hassin

À lire aussi :

Source: Radio-Canada

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :