Économie

Ouïghours: des “marques font entrer un crime contre l’humanité dans nos vies”, selon Glucksmann

L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a appuyé lundi la plainte déposée à Paris contre des multinationales de l’habillement accusées de bénéficier du travail forcé en Chine des Ouïghours, faisant ainsi “entrer un crime contre l’humanité dans nos vies quotidiennes”.

L’élu européen, sanctionné par Pékin pour son engagement en faveur de la minorité ouïghoure, s’exprimait lors d’une conférence de presse des ONG à l’origine de cette plainte, l’association anticorruption Sherpa, le collectif Ethique sur l’étiquette et l’Institut ouïghour d’Europe (IODE).

Ces associations ainsi qu’une rescapée ouïghoure ont porté plainte le 8 avril auprès du parquet de Paris pour “recel de réduction en servitude”, “recel de traite des êtres humains” et “recel de génocide”.

Cette demande d’enquête vise Uniqlo France (du groupe japonais Fast Retailing), Inditex (qui détient les marques Zara, Bershka, Massimo Duti), SMCP (Sandro, Maje, de Fursac…) et le chausseur de sport Skechers, dont certains fournisseurs sont accusés d’utiliser cette main d’oeuvre forcée en Chine.

Cette plainte est “une étape cruciale” dans le soutien à cette minorité”, estime l’eurodéputé Socialistes et Démocrates, alors qu’en France depuis un an “des centaines de milliers de jeunes interpellent les marques qui structurent leur imaginaire pour qu’elles mettent fin à leur participation directe ou indirecte à la réduction en esclavage du peuple ouïghour”.

Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, évoquent un “génocide” de cette minorité principalement musulmane qui représente un peu moins de la moitié des 25 millions d’habitants du Xinjiang et des ONG accusent Pékin d’avoir interné depuis 2017 plus d’un million d’entre eux dans des centres de rééducation politique.

Le régime communiste dément ce chiffre et assure qu’il s’agit de “centres de formation professionnelle” destinés à éloigner les Ouïghours de l’islamisme et du séparatisme, après une série d’attentats qui leur ont été attribués.

L’eurodéputé appelle à ce que la loi en discussion au Parlement européen sur l’élargissement du “devoir de vigilance” des entreprises consacre un “renversement de la charge de la preuve”: “à partir du moment où vous travaillez avec ces fournisseurs identifiés comme exploitant des esclaves, c’est à vous de nous prouver qu’il n’y a pas d’esclave qui fabrique vos chaussures ou vos chemises”.

Pour l’avocat William Bourdon, auteur de cette plainte, le choix d’attaquer en justice via la qualification pénale de “recel” est “inédite”, sujet à débat judiciaire. Mais il appelle la justice française à être “courageuse”, à “innover” et à élargir le droit positif.

“On importe des produits au prix du sang, des souffrances et des larmes. Il faut que cesse ce double discours” des entreprises, a-t-il déclaré.

Source: TV5 – économie

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