Économie

L’inflation fait pression sur Dollarama

Les pressions inflationnistes pourraient bien forcer le détaillant québécois Dollarama à envisager d’augmenter le prix maximal des produits, actuellement plafonné à 4 $. Le président et chef de la direction, Neil Rossy, a admis du bout des lèvres, mercredi, que bien que rien ne soit présentement dans les cartons, « c’est toujours une possibilité » que « d’autres niveaux de prix » soient ajoutés. « Nous n’avons aucunement l’intention pour le moment de les augmenter tant que l’inflation et d’autres facteurs ne nous forcent à les augmenter », a-t-il dit lors de l’assemblée annuelle des actionnaires.

« C’est très subjectif ce qu’est un magasin à 1 $ », a d’ailleurs répondu Neil Rossy à un actionnaire qui suggérait dans une question que Dollarama ajuste la façon dont elle se présente — le logo indique actuellement « 1 $ et plus » — si les prix continuent d’augmenter. « L’industrie et les analystes considèrent que ce sont aujourd’hui des magasins à prix modiques puisque le concept du 1 $ est révolu en raison de l’inflation au fil du temps », a noté le grand patron.

Pressé de questions sur ce thème de l’inflation plus tard en journée lors d’une conférence téléphonique qui suivait les résultats du premier trimestre, M. Rossy a indiqué qu’il observe « des augmentations dans les coûts de transport et des marchandises ». L’entreprise travaille « fort pour réduire ces pressions par une actualisation de nos majorations », a-t-il dit, ce qui lui permet de maintenir une marge brute plutôt stable d’année en année, une marge particulièrement juteuse qui s’est établie à 42,3 % des ventes lors du trimestre qui s’est terminé le 2 mai.

L’une des pressions sur les prix est liée à la pénurie de conteneurs et au coût du transport de marchandises à l’échelle internationale. Selon M. Rossy, il s’agit du « plus grand défi » auquel la chaîne fait face actuellement. Il estime cependant que le modèle d’affaires de Dollarama atténue les risques puisque la majorité des produits vendus sont exclusifs et importés par le détaillant lui-même, ce qui crée un « tampon » dans l’inventaire et permet de « prioriser quels conteneurs sortiront avec quelles marchandises et à quel moment ».

Dollarama a commencé à vendre des articles à des prix fixes plus élevés qu’un dollar en 2009 afin d’augmenter la sélection de produits offerts et leur qualité. Les prix maximaux sont passés de 2 $ à 3 $ en 2012, puis à 4 $ en 2015.

Profits en hausse de 24,2 %

Les résultats financiers de Dollarama font état de plusieurs améliorations au premier trimestre de l’exercice 2022 comparativement à celui de l’exercice précédent. Le bénéfice net a connu une forte progression, passant à 113,6 millions par rapport à 86,1 millions un an plus tôt. Le résultat net par action a augmenté de 32,1 %, à 0,37 $, alors qu’il était de 0,28 $ l’an dernier.

Bien que ce soit un centime en deçà des attentes, « il ne fait aucun doute que la performance au premier trimestre représente un début d’année très solide », a écrit l’analyste Patricia Baker de la Banque Scotia dans un rapport.

Les ventes ont augmenté de 13 % à 954,2 millions, une performance que la compagnie attribue à la croissance du nombre total de magasins, qui est passé de 1301 à 1368 au dernier trimestre. Dollarama comptait 1368 magasins à l’échelle du Canada au début mai et la compagnie compte en ouvrir environ un de plus par semaine cette année.

La marque Dollarama a été fondée par Larry Rossy en 1992. L’homme d’affaires avait hérité de 20 magasins à prix modiques que possédait son père. L’entreprise est dirigée depuis 2016 par Neil Rossy, le fils de Larry. Le magazine Forbes estimait la valeur nette de Larry Rossy à un milliard de dollars US en 2018.

Source: Économie – Le Devoir

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