Économie

L’industrie des hydrocarbures rejetterait en réalité 2 fois plus de méthane

Ce gaz est libéré quotidiennement dans l’atmosphère par le biais des pompes, valves et pipelines des exploitations d’hydrocarbures. La manière de quantifier ces fuites fait cependant l’objet d’un débat.

Les estimations actuelles sont le fruit de la différence entre la quantité de méthane à l’entrée des infrastructures pétrolières et gazières et la quantité à la sortie. L’étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology a plutôt quantifié le méthane qui se trouve dans l’atmosphère à quatre endroits différents de l’Alberta et de la Saskatchewan pendant huit ans.

Les sept scientifiques et coauteurs de l’étude ont trouvé 3 mégatonnes de méthane, bien au-delà des 1,6 mégatonne mentionnées auparavant.

C’est presque le double, note l’auteur principal, Douglas Worthy.

L’étude ne spécifie pas la source des émissions de méthane non inidiquées. Selon M. Worthy, les causes pourraient être multiples. Il peut y avoir des émissions connues, mais non signalées ou des émissions que l’industrie n’a pas à enregistrer. Ainsi, les fuites autour des réservoirs de pétrole sont sous-estimées et pourraient être élevées, dit-il à titre d’exemple.

Les résultats de l’étude ont été salués par l’industrie. Plus nous en savons sur les sources d’émissions de méthane, mieux nous pouvons les cibler et les réduire, a indiqué dans un communiqué Jay Averill, de l’Association canadienne des producteurs pétroliers.

Inquiétudes pour les objectifs fédéraux

Le groupe écologiste Environmental Defence croit cependant que l’étude pointe vers un renforcement nécessaire des mesures de réduction des émissions de méthane. L’objectif est de les éliminer de moitié en cinq ans.

Le gestionnaire de programme national de l’organisme, Dale Marshall, souligne que cette étude est publiée alors qu’Ottawa vient tout juste de signer des ententes avec l’Alberta et la Saskatchewan. Selon lui, les scientifiques fédéraux prouvent que les mesures provinciales n’arriveront pas à atteindre les objectifs d’Ottawa.

Les règlements provinciaux sont moins sévères dans la détection des fuites, note-t-il.

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M. Marshall se questionne sur ce que le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, savait de l’étude avant de signer, le 5 novembre, des ententes avec l’Alberta (Nouvelle fenêtre) et la Saskatchewan (Nouvelle fenêtre). Je ne sais pas ce qui est pire : qu’il le savait et a quand même continué ou qu’il ne le savait pas, affirme-t-il.

Selon la porte-parole du ministre de l’Environnement, Moira Kelly, le gouvernement fédéral est toujours décidé à atteindre les objectifs de réduction qu’il s’est fixés.

Ottawa publiera un rapport sur l’efficacité des règlements sur le méthane à la fin de 2021.

Les scientifiques d’Environnement Canada vont poursuivre leurs recherches pour déterminer les sources des émissions non comptabilisées jusqu’à présent. Ils tenteront également de déterminer ces émissions proviennent plutôt des puits gaziers ou des exploitations pétrolières.

Source: Radio-Canada

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