Économie

Les dommages collatéraux d’un reconfinement aux États-Unis

 

Si le reconfinement au sud de la frontière amène son lot de pertes d’emplois et mine davantage la confiance du consommateur américain, c’est une bien mauvaise nouvelle pour les exportations canadiennes, dont les trois quarts sont acheminées aux États-Unis.

Une reprise moins rapide qu’on aurait pu espérer veut dire qu’on aura moins de demande pour le secteur énergétique, pour les biens de consommation, souligne l’économiste en chef du Conference Board du Canada, Pedro Antunes.

Les effets multiplicateurs sont vraiment vastes et, vu qu’on a une économie si dépendante du commerce extérieur, les répercussions seraient importantes.

Pedro Antunes, économiste en chef, Conference Board du Canada
Pedro Antunes est économiste en chef du Conference Board du Canada.

Pedro Antunes, économiste en chef du Conference Board du Canada

Photo : Radio-Canada

Exportateurs canadiens pris au dépourvu

La confiance des exportateurs canadiens aurait déjà atteint un creux historique en raison de la pandémie, jumelée aux craintes d’une montée en flèche du protectionnisme américain, selon une étude publiée le mois dernier.

Emmanuelle Mansart, analyste chez Exportation et développement Canada, n’anticipe toutefois pas de retour à un confinement généralisé aux États-Unis. La situation pourrait s’inverser, c’est sûr, mais l’économie a repris sur des bases assez solides, dit-elle.

Elle note, par exemple, le rebond spectaculaire de l’emploi et de la consommation des ménages américains.

Emmanuelle Mansart.

Emmanuelle Mansart, analyste chez Exportation et développement Canada

Photo : Exportation et développement Canada

Selon le scénario de base de l’agence fédérale, qui prévoit une deuxième vague d’infections et un retour des restrictions dans certains États, la reprise des exportations canadiennes se fera sous forme de crochet avec un retour à la normale vers la fin de 2021, précise Mme Mansart.

Répercussions ciblées

Jeremy Kronick, directeur associé à la recherche à l’Institut C.D. Howe, prévoit que les répercussions du reconfinement seront très ciblées. Tout dépendra des États qui vivent cette rechute et de leurs liens avec le Canada, dit-il.

Il souligne que les nouvelles mesures sanitaires adoptées en Californie, cette semaine, après une recrudescence des cas de coronavirus, pourraient menacer le commerce de produits agricoles et de produits alimentaires transformés.

Les États qui vont dans la mauvaise direction, comme la Californie et la Floride, où il y a une grande relation agricole, ce sont ces secteurs qui seraient menacés.

Jeremy Kronick, directeur associé à la recherche, Institut C.D. Howe

Le secteur automobile est particulièrement vulnérable, étant donné la nature hautement interreliée de l’industrie sur le continent nord-américain. Si on reconfine du côté des États-Unis, ça oblige le Canada et le Mexique à arrêter aussi, affirme le chroniqueur Benoît Charette.

Deux hommes travaillent sur une voiture. Ils sont séparés par un écran en plastique et portent des masques.

À l’intérieur de l’usine d’assemblage Fiat-Chrysler de Windsor, les postes de travail ont été aménagés de façon à assurer la protection des travailleurs.

Photo : Groupe FCA

M. Charette estime que les coûts de redémarrage pourraient amener des usines et des fournisseurs de pièces à mettre la clé sous la porte.

Si on referme, ça veut dire qu’il faut remettre des gens à pied, il faut revenir à un calendrier où il n’y a pas de ventes, ça a déjà écorché beaucoup de joueurs dans l’industrie. Il y en a qui ne pourront pas se permettre de faire ça deux fois, dit-il.

Source: Radio-Canada

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