Économie

Les alumineries devront réduire leurs activités au minimum

C’est ce qu’indique une mise à jour (Nouvelle fenêtre) de la liste des entreprises et services jugés essentiels, publiée lundi.

Dans celle-ci, il est maintenant précisé que les complexes industriels (notamment le secteur de l’aluminium) et miniers doivent réduire au minimum leurs activités.

L’annonce de Legault

Lors de son point de presse quotidien à 13 h, François Legault avait avancé qu’une entreprise qui fait de l’aluminium, des autos, des avions, ça va être fermé.

Le choc a été immédiat auprès de la direction et du personnel de Rio Tinto, qui exploite cinq alumineries au Québec, dont quatre au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La multinationale avait dit être immédiatement entrée en contact avec le cabinet du premier ministre.

Personne chez Rio Tinto n’avait reçu l’information avant la conférence de presse. Rio Tinto était même en discussion avec le gouvernement pour être caractérisée d’entreprise critique.

Rio Tinto collaborera

Par le biais d’un communiqué, Simon Letendre, le directeur chez Rio Tinto des relations avec les médias pour le Canada et les États-Unis, a affirmé que l’entreprise allait collaborer avec Québec pour se conformer à la directive. Toute incidence sur nos activités ou nos prévisions de production sera communiquée au marché en temps opportun, a-t-il fait savoir.

La santé et la sécurité de notre personnel [sont] la priorité essentielle de Rio Tinto et nous soutenons les mesures prises par les différents gouvernements pour faire face à la menace de la COVID-19. Nous continuerons à travailler avec nos employés, nos clients, nos communautés et nos fournisseurs pour minimiser l’impact des mesures prises pour réduire la propagation de la COVID-19.

Jean-Sébastien Jacques, chef de la direction de Rio Tinto

Réaction de l’Association canadienne de l’aluminium

Par communiqué, l’Association de l’aluminium du Canada (AAC) a salué l’ajustement effectué par le gouvernement du Québec.

L’industrie de l’aluminium primaire remercie le gouvernement de reconnaître le caractère « stratégique » de son secteur et entend donner suite en suspendant les activités jugées non essentielles au maintien de ses opérations jusqu’au 13 avril.

Association de l’aluminium du Canada

L’AAC représente trois producteurs d’aluminium au Canada, soit Alcoa, Alouette et Rio Tinto. Ces entreprises exploitent huit usines au Québec et emploient plus de 8700 travailleurs. Rio Tinto compte environ 4000 employés au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

PFR dans l’incertitude

Il est aussi mentionné, dans la liste publiée par Québec, que la production des intrants nécessaires aux secteurs essentiels ainsi que la fabrication des instruments médicaux et de produits sanitaires peuvent continuer.

Joint par téléphone, le porte-parole de Produits forestiers Résolu (PFR), Karl Blackburn, a signalé que l’entreprise fait en ce moment des représentations auprès de Québec pour entrer dans cette définition.

On est en train de faire des démarches pour établir si nous sommes essentiels ou non.

Karl Blackburn, directeur principal, affaires publiques et relations gouvernementales – Canada, PFR

Karl Blackburn a indiqué qu’aux États-Unis, ce secteur est reconnu comme essentiel en raison de l’utilisation de certains de ses produits qui entrent dans la fabrication de produits sanitaires.

PFR a environ 2000 travailleurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Inquiétude chez les travailleurs

Le président du Syndicat des employés de l'aluminium d'Arvida, Alain Gagnon.

Le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon-Lalancette

Rencontré avant la mise à jour de Québec, le président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, affirmait que le syndicat recevait de nombreux appels depuis l’annonce du premier ministre. Il ne croit pas qu’on puisse fermer une aluminerie dans un aussi court laps de temps sans créer des dommages irréparables.

Quand on arrête de façon précipitée, quand on vient pour redémarrer, ça coûte une fortune, ça prend plus de temps. Et de vieilles installations comme la nôtre, je peux vous dire que c’est fini, c’est terminé, croit M. Gagnon. La région tomberait avec une perte énorme. Des usines de cette ampleur-là qui ferment, on ne peut pas agir de cette façon-là.

Il n’existerait aucune procédure au sein de la multinationale pour fermer toutes les usines en même temps.

Source: Radio-Canada

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