Économie

Le centre-ville de Montréal sous respirateur artificiel?

 

Le banquier prudemment optimiste

90 % de l’édifice est vide, dit en riant Louis Vachon. Normalement, il y a 2000 employés ici; nous sommes 200.

On voit M. Vachon, debout, qui sourit à la caméra. Il est dans un bureau devant une fenêtre et une représentation du nouvel édifice de la Banque Nationale.

Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Beauceron d’origine, Louis Vachon dirige la 6e plus grande banque du Canada, la Banque Nationale. Il nous a rencontrés dans son bureau du siège social au centre-ville de Montréal.

Nous sommes en train de vivre une expérience accélérée de télétravail à grande échelle. Et tous les employeurs se demandent quel sera le modèle de l’avenir.

Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale
On voit en contre-plongée l'édifice du siège social de la Banque Nationale.

Le siège social actuel de la Banque Nationale, à Montréal

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Pas très loin de la Banque Nationale, la Place Victoria, la Place Ville Marie et les tours du complexe Desjardins sont tout aussi vides.

Il manque près de 400 000 travailleurs au centre-ville de Montréal. Cela a des conséquences dramatiques sur les commerces et les restaurants, qui ont commencé à rouvrir.

Il y aura des implications à long terme et il faut que la communauté montréalaise positionne le centre-ville, dit Louis Vachon, qui est membre du comité-conseil d’experts créé par la mairesse Valérie Plante pour relancer Montréal.

Un paradoxe : alors qu’on parle de réduire le nombre d’employés de bureau, la Banque Nationale est en train de construire un nouveau siège social de 40 étages, qui deviendra un édifice phare du centre-ville.

On voit une illustration d'un édifice neuf d'une quarantaine d'étages.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nouveau siège social de la Banque Nationale, actuellement en construction.

Photo : Menkès Shooner Dagenais LeTourneux Architectes

Cet édifice sera occupé, tranche Louis Vachon. C’est important d’avoir un lieu de travail pour regrouper les forces de tout le monde.

Pour l’avenir post-COVID, la Banque Nationale envisage un modèle hybride. Trois jours par semaine au bureau et deux à la maison.

Le télétravail est intéressant, mais à long terme, nous craignons que la mobilisation et la productivité des employés ne soient affectées. Les nouveaux employés ont besoin d’émulation, et ça fonctionne mieux en personne.

Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale

Et le centre-ville sans touristes, sans événements culturels et privé d’étudiants? <q data-attributes= »{« lang »:{« value »: »fr », »label »: »Français »}, »value »:{« html »: »C’est une grosse curve c’est sûr », »text »: »C’est une grosse curve c’est sûr »}} » lang= »fr »>C’est une grosse curve c’est sûr, dit M Vachon avec sa désinvolture beauceronne. Mais je reste convaincu que les fondamentaux économiques de Montréal sont bons, ajoute-t-il. L’économie du savoir, l’intelligence artificielle, la diversification ont donné, selon lui, un élan à Montréal. Il faut trouver une façon de maintenir ça, conclut-il.

La réanimatrice culturelle en chef du centre-ville

On voit Mme Simard devant la place des Festivals. Elle porte un couvre-visage.

Monique Simard, présidente du Partenariat du Quartier des spectacles

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Normalement, il devrait y avoir des scènes en plein air partout et beaucoup de monde, dit Monique Simard derrière le masque qui couvre son visage. En ce moment, c’est un peu désert.

Monique Simard a vécu plusieurs vies : syndicaliste, politicienne, animatrice et directrice d’entreprises culturelles publiques. Elle est devenue présidente du Partenariat du Quartier des spectacles peu de temps avant la pandémie. Un baptême du feu.

Il y a 35 salles de spectacles ici, elles sont toutes fermées, lance-t-elle. En ce moment, le Festival international de jazz battrait son plein. Au lieu de cela, le jour de notre rencontre, quelques enfants de garderies profitaient des jeux d’eau de l’immense place des Festivals.

On voit la place des Festivals, les fontaines et les édifices alentours. Peu de gens s'y trouvent.

La place des Festivals est presque déserte en ce début d’été.

Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Mais Monique Simard aime les défis. Avec son équipe, elle va tenter d’injecter des doses de culture et d’animation. C’est un moment où, malgré l’absence de beaucoup de gens, les magasins, les restaurants et les bars ouvrent. Il y a aussi les 40 000 habitants du centre-ville, dans les nouvelles tours à condos, qui se déconfinent et ajoutent de la vie.

Il va se passer des choses au centre-ville au fur et à mesure que les règles de santé publique s’adoucissent, dit Mme Simard.

Nous allons dire aux gens que s’ils viennent au centre-ville, ils auront des surprises : des performances informelles, des lieux ludiques, de l’animation. Chaque jour, des gens m’appellent pour me faire des propositions intéressantes. Il faut que les Montréalais profitent de leur centre-ville.

Monique Simard, présidente du Partenariat du Quartier des spectacles

Monique Simard fait aussi partie du comité-conseil d’experts de la mairesse Valérie Plante.

Sur l’avenir à plus long terme du centre-ville, elle pense qu’il faut intégrer toutes sortes de dimensions dans la relance : les espaces verts, le logement, le transport, l’urbanisme.

La pandémie a aussi montré les failles de nos systèmes, affirme l’ex-politicienne. Je ne veux surtout pas que tout revienne comme avant, car s’est présumer que tout allait bien avant; ce n’est pas le cas.

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Source: Radio-Canada

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