Économie

L’aérospatiale se prépare à la crise climatique

Des avions propulsés à l’électricité, à l’hydrogène ou encore avec des carburants alternatifs comme de l’éthanol. Après la pandémie de COVID-19 qui a secoué le monde de l’aviation, l’industrie aérospatiale se prépare à un autre grand bouleversement, celui de la décarbonisation.

Les changements climatiques sont en train de forcer le secteur à entreprendre une « transformation majeure », a résumé Suzanne Benoît, la présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, en ouverture d’un colloque partiellement virtuel qui regroupe lundi et mardi des joueurs internationaux du secteur. « C’est un phénomène mondial. On rentre dans cette dynamique-là. On n’a pas le choix », a déclaré Mme Benoît en entrevue avec La Presse canadienne.

Si la propulsion à l’électricité et celle à l’hydrogène sont envisagées sur un horizon moyen et long terme puisqu’elles nécessiteront une nouvelle génération d’avions, ce sont les « carburants alternatifs » qui devraient rapidement faire leur arrivée. Ces carburants ont l’avantage d’être compatibles avec les avions existants, a plaidé Fassi Kafyeke, conseiller principal, recherche, innovation et collaboration chez Bombardier. Mais le bât blesse au chapitre du prix. C’est actuellement cinq fois plus cher que du kérosène, a noté Vincent Etchebehere, vice-président développement durable et nouvelles mobilités chez Air France, en vidéoconférence depuis Paris. Une partie de la flotte d’Air France sera renouvelée, les avions modernes permettant de réduire les émissions de 20 à 25 %. Le remplacement des carburants fossiles est quant à lui « une grande priorité ».

C’est un phénomène mondial. On rentre dans cette dynamique-là. On n’a pas le choix.

Les gains les plus importants seront dans le secteur des avions de petite et moyenne taille, a estimé depuis Bruxelles Ron van Manen de Clean Sky Joint Undertaking, un organisme européen qui finance des projets risqués de sociétés aérospatiales européennes. Les avions monocouloirs comptent pour 80 % de la flotte mondiale. L’hydrogène est selon lui une opportunité « à haut risque et à haut rendement » à laquelle il faut s’intéresser immédiatement afin de déterminer si elle est réaliste pour la deuxième moitié du siècle.

Électrification des transports

Le Québec croit pouvoir tirer son épingle du jeu et insiste sur l’idée de propulser des avions à l’électricité. Le ministre québécois de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, qui s’était déplacé dans le studio aménagé au Palais des congrès pour l’occasion, précise que l’hydroélectricité est une énergie à bas prix, elle est renouvelable et elle est produite en abondance au Québec, sans compter qu’elle permet de produire de l’hydrogène. De l’« hydrogène vert », a insisté le ministre, en le distinguant de celui produit à partir de gaz naturel, qui est qualifié d’« hydrogène bleu ».

En comparaison avec le prix du mazout, celui de l’électricité est beaucoup moins volatil, a renchéri Sylvie Pinsonnault, vice-présidente d’Investissement Québec. Aux entreprises qui résistent à prendre le virage, Mme Pinsonnault avait un message : « être plus vert, ce n’est pas un atout, c’est un “must” ».

 

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Source: Économie – Le Devoir

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