Économie

La Caisse de dépôt estime s’être bien tirée de la crise

La Caisse de dépôt et placement du Québec a enregistré un rendement inférieur à ses indices de référence l’an dernier, mais estime, malgré tout, s’en être bien tirée dans les circonstances.

La quarantaine de déposants de la Caisse a eu droit à un rendement moyen pondéré de 7,7 % en 2020, a-t-elle rapporté jeudi. Cette performance était inférieure aux 9,2 % affichés par les portefeuilles de placement qui lui servent de mesures de comparaison. Cet écart de 1,5 point de pourcentage équivaut à 3,9 milliards de moins qui se seraient autrement ajoutés aux 24,8 milliards de gains qui ont malgré tout été réalisés et qui portaient l’actif net de la Caisse au 31 décembre à 365 milliards.

La Caisse s’est toutefois empressée de souligner qu’en dépit de cette contre-performance, son rendement annuel moyen depuis 5 ans (7,8 % comparativement à 7,6 %) et 10 ans (8,6 % contre 8,2 %) reste supérieur à ces mêmes indices. Son président et chef de la direction, Charles Emond, a aussi rappelé comment la dernière année avait été marquée par une « crise sans précédent dans le dernier siècle », où tout a d’abord « fermé d’un seul coup », après quoi certains secteurs économiques ont rebondi alors d’autres continuent d’en arracher. La première moitié de l’année avait d’ailleurs été marquée par un rendement négatif de -2,3 %. Dans ces circonstances, la Caisse a su, selon son patron, « réagir rapidement », « être opportuniste » et « se montrer présente auprès des entreprises en leur apportant les liquidités requises ».

Brutal dans l’immobilier

Le choc a été particulièrement brutal sur son portefeuille immobilier, qui a accusé des pertes de presque 16 %, plombé notamment par la fermeture des centres commerciaux et des bureaux dans les centres-villes et comptant, à lui seul, pour « presque les trois quarts de l’explication » de la contre-performance de la Caisse l’an dernier. La crise a compliqué, mais confirmé la justesse du grand repositionnement déjà entrepris par la Caisse vers des secteurs plus porteurs, comme la logistique et les projets à vocation mixte, a observé la patronne de sa filiale immobilière Ivanhoé Cambridge, Nathalie Palladitcheff.

Les investissements dans les infrastructures s’en sont mieux tirés, mais auraient rapporté en 2020 un rendement d’environ 8 % plutôt que seulement 5,1 % si les aéroports, durement touchés par la crise, n’y avaient pas compté pour près de 10 % du portefeuille.

Le rendement généré par les quelque 118 milliards de placements boursiers a aussi été décevant (8,3 % contre un indice de 12,9 %), mais essentiellement parce que la Caisse avait décidé de se garder loin des valeurs technologiques et que 70 % la croissance des indices boursiers à Wall Street l’an dernier ont été le fait de seulement huit géants du Web. Bien que Charles Emond admette que certains changements devront être apportés sur ce front, il fait tout de suite valoir qu’on s’est largement repris dans le volet placements privés avec un rendement deux fois supérieur aux indices (20,7 % contre 9,9 %) grâce, notamment, à de nombreux investissements dans le secteur technologique.

Au Québec

Au Québec, les actifs détenus par la Caisse dépassent désormais 68 milliards, dont 50 milliards dans le secteur privé, alors que ce dernier montant n’était que de 20 milliards il y a dix ans. Sur les 4 milliards mis à la disposition d’entreprises pour les aider à traverser la crise, la moitié a déjà été allouée ou en est en voie de l’être. Grand maître d’œuvre du futur Réseau express métropolitain (REM), la Caisse a promis de faire le point sur l’évolution de l’ensemble de ses coûts « dans quelques semaines ».

Parmi la quarantaine de déposants de la Caisse figurent le Régime de rentes du Québec (RRQ), les employés du secteur public et de l’industrie de la construction, le Fonds des générations, la Société d’assurance automobile du Québec et le Fonds de la santé et de la sécurité au travail (CNESST). Les rendements des huit déposants principaux se sont établis entre 6,5 % et 9 % en 2020, en raison notamment de leurs politiques et objectifs de placement. Le RRQ a rapporté que dans son cas, cela avait été 7,4 %. De manière générale, la Caisse doit dégager des rendements de 6 % pour répondre à leurs besoins.

« Les prochaines années continueront d’être exigeantes » et les « rendements visés [seront] plus difficiles à atteindre », a-t-elle prévenu jeudi. Cela tiendra, entre autres, aux faibles taux d’intérêt et au fait que l’essentiel de croissance des valeurs boursières des dernières années n’est pas appuyé encore sur une augmentation équivalente des revenus et des profits des compagnies en cause. Cela viendra aussi de la concurrence de plus en plus féroce que le livrent les grands investisseurs de la planète, dont fait partie la Caisse, y compris dans les secteurs économiques liés au développement durable. « La discipline sera essentielle. »

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Source: Économie – Le Devoir

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