Économie

J-100 avant les Jeux: budget record, recettes vitales pour le sport mondial

Avant même d’être définitivement fixé, le budget des JO de Tokyo s’annonce record pour des Jeux d’été, alors que ses recettes seront vitales pour un mouvement olympique fragilisé par la crise sanitaire.

– Combien coûteront les JO ? –

Les organisateurs japonais ont réévalué fin 2020 le budget de l’événement à 15,4 milliards de dollars (13 milliards d’euros), soit 2,8 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) de plus que l’estimation précédente, à cause des coûts du report et des mesures sanitaires.

Tokyo-2020 s’annonce comme les Jeux d’été les plus chers de l’histoire, devant ceux de Londres-2012 (12,2 milliards d’euros), alors que les Jeux d’hiver de Sotchi-2014, en Russie, devraient conserver leur record absolu estimé à 17,9 milliards d’euros, selon une étude de l’Université d’Oxford.

Cette enveloppe globale mêle budget de fonctionnement – au moins à l’équilibre pour la plupart des éditions depuis 1984, à l’exception des JO-1992 d’Albertville -, et construction ou aménagement d’infrastructures.

L’organisation évalue ainsi à 7,5 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros) le seul “budget lié aux sites” olympiques, un coût presque totalement pris en charge par les autorités au nom du développement local à moyen terme.

– Que rapportent les Jeux ? –

La logique est différente pour les organisateurs japonais (Cojo), qui cherchent à couvrir leurs dépenses, et pour le monde olympique, qui vit des Jeux et en attend d’importants bénéfices.

Côté Cojo, la principale recette vient des sponsors locaux (3,3 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d’euros), loin devant la contribution du CIO (1,3 milliard de dollars en intégrant une part du programme TOP de sponsoring international, soit 1,1 milliard d’euros).

La billetterie doit pour l’heure rapporter 800 millions de dollars (673 millions d’euros), une projection très incertaine puisque les spectateurs internationaux sont d’ores et déjà bannis et la jauge de spectateurs japonais n’est pas encore fixée.

De son côté, le CIO communique ses recettes par cycle de quatre ans et celles de l’Olympiade 2013-2016, couvrant les JO-2014 de Sotchi et les JO-2016 de Rio, ont atteint 5,7 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros).

Les trois-quarts environ (73%) venaient des droits de diffusion, faisant reposer l’économie des Jeux sur les téléspectateurs bien plus que sur le public direct, et 18% du programme de sponsoring international.

– Que devient cet argent ? –

Le CIO conserve 10% des recettes des JO pour son fonctionnement et en redistribue 90%, soit environ 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) pour la période 2013-2016, qui irriguent le mouvement olympique pendant quatre ans.

Ce montant sert en particulier à financer les fédérations internationales, réparties en cinq groupes selon leur importance: athlétisme, gymnastique et natation reçoivent environ 40 millions de dollars (33 millions d’euros), contre 14 millions de dollars (11 millions d’euros) pour le pentathlon moderne, le rugby ou le golf.

Sur les recettes de Rio-2016, 540 millions de dollars (454 millions d’euros) ont aussi été reversés aux comités nationaux olympiques pour financer notamment les bourses olympiques aux sportifs et entraîneurs.

Enfin, le CIO contribue pour moitié au financement de l’Agence mondiale antidopage (environ 20 millions de dollars de contribution en 2021, soit 16,8 millions d’euros), le reste venant des gouvernements.

Source: TV5 – économie

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