Économie

Entre CELI et REER, prudence pour l’impôt

Près d’un Québécois sur trois a dû puiser dans ses économies pour gérer sa situation financière en raison de la crise liée à la pandémie, révèle un nouveau sondage de H&R Block. Et certains d’entre eux ont dû retirer de l’argent de leur CELI ou de leur REER pour se maintenir à flot. Or, dans le cas des REER, cela a des conséquences sur l’impôt. À la veille de la date limite pour cotiser à ce programme cette année, Le Devoir fait le point sur les spécificités fiscales liées à ces véhicules d’investissements.

La crise de la COVID-19 a eu un impact non négligeable sur le portefeuille des Québécois. Selon un nouveau sondage d’Angus Reid commandé par H & R Block, 29 % des répondants ont admis avoir dû retirer de l’argent qu’ils avaient mis de côté ou investi, et 13 % d’entre eux ont reconnu avoir puisé dans leur compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER) pour s’en sortir.

Toutefois, 36 % des personnes sondées ont avoué ne pas être sûres de comprendre toutes les implications fiscales de ces programmes. Et la méconnaissance est plus forte chez les jeunes, ce taux grimpant à 42 % chez les personnes âgées de 18 à 34 ans.

Attention à l’impôt !

Contrairement aux retraits dans un CELI, les retraits d’un REER sont imposables. C’est pourquoi les résultats du sondage sont inquiétants dans une certaine mesure, croit Josée Cabral, spécialiste de l’impôt chez H & R Block. « Quand on va piger de l’argent dans ses REER, c’est un montant qui s’additionne à nos revenus de l’année en cours », explique-t-elle. Il faut donc éviter d’avoir recours à cette option.

 

« Par exemple, si vous avez reçu 10 000 dollars pour la Prestation canadienne d’urgence (PCU) — où il n’y a pas eu d’impôt prélevé à la source — et qu’en plus de ça, vous rajoutez des retraits de REER, en fin de compte, vous allez vous retrouver avec une plus grosse facture d’impôt », note l’experte.

Au moment de choisir entre investir dans un REER ou dans un CELI, il est très important d’être bien renseigné pour éviter les mauvaises surprises, insiste Mme Cabral.

Quel progamme choisir ?

Le bon choix dépend de plusieurs facteurs, notamment de vos objectifs, souligne Mme Cabral. « Le REER, c’est un investissement pour la retraite. Le CELI, c’est beaucoup plus flexible, on peut retirer l’argent sans problème. » Dans les deux cas, il s’agit de véhicules d’investissement à l’abri de l’impôt.

« Pour les jeunes, tout dépendant la situation, ça peut être une très bonne option d’investir dans un REER, car lorsqu’on est prêt pour acheter une première demeure, on peut retirer des fonds grâce au Régime d’accession à la propriété (RAP). Dans ce cas-là, le retrait d’un REER est libre d’impôt — mais il faut le rembourser dans les 15 années suivantes », explique l’experte.

Un CELI est aussi une excellente option si on prévoit d’avoir besoin de retirer de l’argent à court ou à moyen terme, souligne Mme Cabral. « En fait, on n’est pas obligé de choisir entre le CELI ou le REER. On peut très bien avoir les deux : le REER pour un horizon plus long terme, réduire son revenu imposable et acheter une première propriété ; le CELI pour faire fructifier son argent et pouvoir le retirer facilement en cas de besoin », résume la spécialiste.

À noter, il vous reste jusqu’au 1er mars pour cotiser à votre REER, et ainsi réduire votre revenu imposable pour l’année 2020.

Source: Économie – Le Devoir

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