Économie

En confinement, le budget des vacances est consacré aux rénovations

C’est une demi-heure d’attente pour entrer, on s’occupe comme on peut et on en profite pour faire les choses qu’on n’a pas eu le temps de faire avant, raconte un client à la sortie d’un magasin à grande surface.

Les Québécois se sont tournés vers les quincailleries pour s’occuper pendant leur confinement et c’est l’un des rares secteurs du commerce de détail, avec les épiceries et les pharmacies, à bien s’en sortir.

Dans les secteurs de la quincaillerie, des piscines, des centres jardins […], on parle d’une augmentation de 30 à 50 % par rapport à la période précédente des ventes. En fait, les secteurs essentiels ont bien passé à travers la crise, explique Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

Malgré les apparences, il n’y a pas nécessairement davantage de clients, mais ceux qui se rendent dans les magasins dépensent plus.

Le phénomène qui se passe, c’est que les gens ne vont pas là pour magasiner, ils vont là pour acheter. La clientèle qui va en magasin achète et achète davantage. La valeur moyenne des achats est plus grande.

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail

Jugées essentielles dès le début de la crise, les quincailleries n’ont pas eu à fermer leurs portes; elles sont devenues des remparts contre l’ennui, et cela s’observe par leur chiffre d’affaires.

Ce n’est pas le double, mais c’est considérable, estime Maxime Houle-Salvail, le gérant de la quincaillerie St-Sacrement. Le petit commerce de quartier a joué un rôle bien plus important que celui de vendre des matériaux, poursuit M. Houle-Salvail. Les gens voulaient réaliser des projets, nous, on était là pour le support mental en plus de leurs projets de maison.

Une commis donne des conseils à un client dans un centre de rénovation.

Frédérique Fortin remarque que les gens ont développé une passion pour les travaux manuels pendant le confinement.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Dans les centres de rénovation, on a rapidement senti le besoin des clients d’effectuer un changement de décor. Les gens ont beaucoup redécoré au courant du mois d’avril, dit Frédérique Fortin, copropriétaire du centre de rénovation Juneau de Québec.

Quand on reste chez soi 24 heures sur 24, on remarque des choses qu’on ne remarquait pas avant, des choses qui nous tannent. Beaucoup de gens nous ont dit que les travaux n’étaient pas prévus, mais que tant qu’à être à la maison, ils ont décidé de rénover, ajoute-t-elle.

Les consommateurs se sont résignés à mettre une croix sur leurs projets de vacances et ils ont décidé d’investir dans le confort de leur maison, croit Maxime Houle-Salvail. Le budget vacances devient le budget maison, dit le gérant de quincaillerie.

Et c’est le cas d’Alain Daraspe, un client rencontré dans la file d’attente. Normalement, je voyage beaucoup, mais étant donné que j’économise du temps et de l’argent, la moitié de ma journée, je la passe à rénover, confie-t-il.

Un client demande des conseils au commis d'une quincaillerie.

À la quincaillerie de quartier St-Sacrement, on estime faire bien plus que vendre des matériaux en ces temps de confinement.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

C’est une tendance qu’observe le Conseil québécois du commerce de détail. On sent que les gens ont une certaine résilience par rapport à leurs projets de vacances cet été, on sent qu’on va probablement être tous à la maison ou très près de la maison, dit Stéphane Drouin.

Dans les centres de rénovation, on estime que cette tendance va rester. La machine est partie, les gens se sont développé plus de passion pour les travaux manuels, les gens veulent faire les choses eux-mêmes, alors je pense que ça va se traduire même pour les prochaines saisons, conclut Frédérique Fortin.

Mais il est encore trop tôt pour voir comment la crise transformera les habitudes de consommation à plus long terme.

Source: Radio-Canada

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