Économie

Des miettes pour les régimes de retraite des anciens journaux de GCM

Les régimes de retraite des employés des six quotidiens qui appartenaient au Groupe Capitales Médias recevront 0,2 % de ce qu’ils réclamaient dans le processus de faillite de l’entreprise. Cela représente moins de 140 000 dollars des 69,3 millions réclamés, selon un document du syndic PricewaterhouseCoopers (PwC).

Les montants qui seront versés aux créanciers du Groupe Capitales Médias (GCM) ont été détaillés dans un avis de distribution définitif, publié par PwC la semaine dernière. Les réclamations des 241 créanciers totalisent plus de 94 millions de dollars.

Selon les informations du document, les grands perdants sont les régimes de retraite des employés des quotidiens. Les sommes qui leur seront versées atteignent 139 535 dollars, alors que leurs réclamations dépassaient 69,3 millions de dollars. Celles-ci représentaient près de 75 % du total de la valeur des demandes des créanciers.

Dans le cadre du plan présenté en novembre 2019, il avait été entendu que chaque créancier recevrait 250 dollars. À ce montant s’ajoute une somme équivalant à 0,2 % des créances restantes, ce qui représente un total de 250 000 dollars.

Seule exception : Investissement Québec. La société d’État, bras financier du gouvernement du Québec, avait renoncé à sa créance de 14,1 millions de dollars.

Entre 2015 et 2018, les revenus de GCM ont diminué de 12 % par année, contribuant du coup à augmenter les pertes nettes encaissées par l’entreprise. Celles-ci représentaient 8 millions en 2017 et 25 millions en 2018. L’entreprise a entamé les procédures de faillite en août 2019.

GCM expliquait alors la baisse de revenus par la forte diminution des revenus publicitaires ainsi que par des changements dans les habitudes des consommateurs à l’égard des médias écrits.

En novembre 2019, la valeur des actifs de l’entreprise dépassait légèrement 16,3 millions de dollars, alors que les passifs atteignaient 45,5 millions de dollars.

Un an après le sauvetage

Un plan de sauvetage de 12,3 millions de dollars en nouveau financement — auquel contribue Le Mouvement Desjardins, le Fonds FTQ, ainsi que Fondaction CSN — a permis à une coopérative formée d’employés de GCM d’acquérir les journaux : Le Soleil de Québec, Le Droit d’Ottawa, La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l’Est de Granby, Le Nouvelliste de Trois-Rivières et Le Quotidien de Saguenay.

Après un peu plus d’un an, la situation de ces médias est « rassurante », estime Stéphane Lavallée, directeur général de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i). Un excédent est prévu et la Coopérative n’a jusqu’à présent touché que 6,3 millions du financement prévu dans le plan de sauvetage, précise-t-il.

En 2020, la pandémie a poussé CN2i à accélérer le virage numérique. Dès le printemps, elle a abandonné les versions imprimées du lundi au vendredi, ne gardant que celle du samedi. Cette dernière s’inspire davantage d’une approche « magazine d’actualité ». Les éditions de fin de semaine ont enregistré une hausse des ventes en kiosques d’environ 30 % au cours de la dernière année.

« C’est très encourageant », indique Stéphane Lavallée, ajoutant que 2021 sera l’année de la solidification. Une quinzaine de nouveaux journalistes seront embauchés, dont certains pour former une « équipe d’impact ». Leur mandat : faire de l’enquête et développer le journalisme de données pour l’ensemble des médias. « Le tout, en restant la voix des régions », dit-il. La CN2I compte actuellement 325 employés, dont 180 se consacrent au contenu.

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Source: Économie – Le Devoir

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