Économie

Des dizaines de commerçants montréalais visent le zéro déchet

Une nouvelle cohorte de 170 commerces du secteur de l’alimentation s’apprête à participer au Défi zéro déchet lancé par l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie et l’organisation Jour de la Terre Canada. En cette ère où les plats pour emporter sont rois et maîtres, 127 entreprises qui ont relevé le défi durant la dernière année ont pu constater les difficultés entravant la voie écoresponsable.

Au restaurant Santa Barbara, les clients peuvent désormais rapporter les contenants en verre dans lesquels se trouvent soupes, légumes marinés et autres plats cuisinés froids. Ce nouveau système de consigne à 1 $ a été mis en place en collaboration avec la conseillère du Jour de la Terre, indique le propriétaire, Steven Horwood.

« Je cherche maintenant des solutions pour faire la même chose pour nos plats chauds pour emporter, comme de légers plats en métal », affirme le restaurateur, qui utilise pour l’instant des boîtes en carton biodégradable.

De l’autre côté de la rue de Saint-Vallier, le restaurant de sushis Le P’tit Tri vient de commencer à faire du compostage. « C’est un soulagement d’avoir le compost. On nous a fourni les bacs et expliqué comment faire le tri », souligne la gérante, Marilou Théberge, à propos du soutien qu’elle a reçu gratuitement de la part du Jour de la Terre.

« Une initiative comme celle-là de la part de la Ville nous aide beaucoup, parce que la volonté de réduire nos déchets est là, mais ce n’est pas toujours facile de savoir comment faire », poursuit-elle. Elle admet aussi qu’en période de rush, certains employés oublient parfois de bien départager les résidus alimentaires et les emballages.

Des baguettes en bois à l’emballage en styromousse

Le P’tit Tri compte arrêter de donner des baguettes en bois jetables et proposera aux clients d’en acheter des réutilisables à faible coût. Les plats pour emporter et les pots de sauce sont maintenant donnés dans des plats en plastique compostable. Mais encore faut-il que les clients soient bien au courant qu’ils peuvent déposer ces plats dans leur bac à compost. Ce sera donc un défi de communication, admet Mme Théberge.

« Si les gens les mettent à la poubelle, les bénéfices seront perdus », affirme Mathilde Messersi, la chargée de projet du Jour de la Terre qui a accompagné tous ces commerces.

Autre défi pour le petit restaurant de sushi : l’emballage provenant de leurs fournisseurs. « On a des poissons qui arrivent dans de gros bacs en styromousse. On est en train de se demander s’il y a des fournisseurs qui proposent des solutions de rechange intéressantes pour contrer le suremballage », dit Mme Théberge.

Des cafés, des microbrasseries, de petites épiceries et même une pharmacie font partie de la quarantaine d’établissements qui ont choisi, à l’instar du P’tit Tri et du Santa Barbara, de pousser la démarche plus loin et d’obtenir l’attestation « Action Réduction » du Jour de la Terre. Ils devaient remplir cinq critères, explique Mme Messersi, ayant trait à la réduction des déchets à la source, au réemploi et à la gestion des matières résiduelles. « Chaque commerce a ses réalités et ses défis. Pour les cafés, par exemple, où tout est pour emporter, on a dû travailler sur les articles à usage unique. Pour d’autres, on a travaillé sur le gaspillage alimentaire », rapporte la chargée de projet.

La pharmacie verte

Dans une pharmacie, il est difficile d’échapper aux multiples médicaments, déodorants et autres produits vendus emballés. Malgré tout, le Familiprix de Jean-Maurice Weibel, rue Masson, a fait des pas de géant vers la réduction de son empreinte environnementale. Avant même le Défi zéro déchet, le pharmacien avait installé des distributeurs de produits nettoyants en vrac. Les clients peuvent apporter leurs propres contenants ou acheter ceux proposés sur place. On y trouve aussi des shampoings en barre et d’autres articles vendus sans emballage. « Mon objectif est que les produits zéro déchet soient accessibles au plus grand nombre de personnes possible », dit M. Weibel, qui a aussi banni les bouteilles d’eau à usage unique.

Depuis une semaine, sa pharmacie vend des boîtes pour le recyclage des masques chirurgicaux à usage unique. Lorsqu’elles sont pleines, les clients peuvent les rapporter et elles sont envoyées à l’entreprise Go Zero, à Magog.

Les conseils du Jour de la Terre Canada ont aidé l’équipe de M. Weibel à effectuer un meilleur tri des matières recyclables, jetables et compostables. Étiquettes de plastique, sacs en plastique, papier brun, attaches à marchandise, tout cela peut être un casse-tête pour les employés qui ne sont pas bien informés, surtout si les bacs et poubelles ne sont pas adéquatement identifiés.

En parallèle, la pharmacie s’est engagée à être carboneutre, grâce aux services de l’entreprise Maillon vert, qui calcule leur empreinte carbone. M. Weiber donne de l’argent à des projets soutenus par Planetair pour compenser ses émissions, inévitables malgré l’usage d’une voiture électrique pour les livraisons.

Pour l’instant, le programme Action Réduction n’est offert que dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. « On peut faire la promotion de certains bons comportements, juge le maire François William Croteau. La crise climatique existe toujours malgré la pandémie et il y a urgence d’agir pour la planète. On doit aller vers une relance verte et on joue un rôle en permettant aux gens d’accéder à ce programme de façon volontaire. »

À voir en vidéo

Source: Économie – Le Devoir

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