Économie

D’agent de bord à travailleur agricole : quand la pandémie chamboule tout

Ces 14 dernières années, Christofer Delisle s’est promené aux quatre coins du monde sur les ailes des avions d’Air Canada. Mais la vie de l’agent de bord de 34 ans est en train de changer du tout au tout. Depuis octobre, il suit une formation en gestion agricole. Son objectif : reprendre l’érablière et les terres de ses parents.

Être agent de bord, c’est ma passion! J’ai toujours aimé les avions, les voyages, les découvertes, mais en même temps, il faut que je pense au futur, explique-t-il.

Convaincu que la reprise du trafic aérien sera lente, il a décidé de voir la pandémie comme le coup de pied au derrière nécessaire pour concrétiser son projet de relève agricole, jusque-là plutôt abstrait. Il s’est donc inscrit à une attestation d’études collégiales (AEC) du Cégep de Sherbrooke, un programme à temps partiel de deux ans.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Changer de carrière

<q data-attributes=”{“lang”:{“value”:”fr”,”label”:”Français”},”value”:{“html”:”C’est un beau défi, mais je vais être franc: c’est très difficile”,”text”:”C’est un beau défi, mais je vais être franc: c’est très difficile”}}” lang=”fr”>C’est un beau défi, mais je vais être franc : c’est très difficile, reconnaît Christofer Delisle. Il faut recommencer à étudier, s’adapter aux cours en ligne, se motiver malgré le confinement… et budgéter. Il espère en effet pouvoir conserver son appartement à Montréal et éviter de retourner vivre chez ses parents en réduisant suffisamment ses dépenses et en puisant dans ses économies.

J’ai eu une mini-crise de panique la semaine passée, quand je voyais tout devant moi. Le projet à venir, ce que je dois organiser… Mais il faut que tu pousses et, éventuellement, tu passes par-dessus. Ça fait partie du processus.

Christofer Delisle, agent de bord et étudiant en gestion agricole

Se poser les bonnes questions

Selon la présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec, Josée Landry, c’est tout à fait normal et même essentiel de se questionner avant d’entreprendre un changement de carrière.

Est-ce que c’est un domaine dans lequel il y a des possibilités d’emploi? Est-ce que je vais m’accomplir? Mais aussi, est-ce que c’est possible de le faire de façon durable et à long terme? Il faut tenir compte de ses intérêts et de sa personnalité, mais aussi de ses ressources personnelles et de sa situation familiale.

On a beaucoup d’appels du gouvernement et du marché du travail pour contribuer à la relance économique. On peut être tenté de répondre à ces offres-là, ce qui est tout à fait correct si ça nous correspond. Mais si ça ne nous correspond pas, on pourrait se retrouver dans une situation encore plus précaire qu’auparavant.

Josée Landry, présidente de l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec

Pour s’y retrouver, les adultes peuvent consulter un conseiller en orientation auprès de leur programme d’aide aux employés, dans les organismes d’aide à l’emploi, dans les centres d’éducation aux adultes (même sans être étudiants), de même qu’en pratique privée, moyennant une centaine de dollars de l’heure.

Faire reconnaître des acquis

Selon le parcours du candidat, une partie de la formation ciblée pourrait être créditée par l’établissement scolaire. Le processus est assez exigeant, mais ça peut vraiment en valoir la peine, explique Mme Landry.

Le candidat devra en général présenter un curriculum vitae, passer une entrevue, et parfois faire des tests pour démontrer certaines aptitudes et connaissances. Les expériences et les formations passées seront considérées, mais aussi certaines expériences personnelles, comme des activités de bénévolat.

Chaque personne a un profil différent et pourrait avoir des solutions différentes. C’est pour ça que c’est important de bien évaluer le projet et d’être accompagné. Vous et moi pourrions avoir un projet similaire, mais j’aurais besoin d’une formation et pas vous, parce que vous avez des acquis différents des miens, mentionne Josée Landry.

La formation pourrait être financée par Emploi-Québec si le domaine est en pénurie de main-d’œuvre, ou par des prêts et bourses du gouvernement, selon la situation financière du candidat. Il est également possible de décaisser jusqu’à 10 000 $ par année (pour un maximum de 20 000 $) de ses REER avec le Régime d’encouragement à l’éducation permanente. Il est aussi possible de demander un prêt personnel à une institution financière.

On va aller souvent vers des formations de plus courte durée, à temps partiel, dans des programmes dans lesquels il y a alternance travail-études, ou encore des formations en continu, donc en milieu de travail, précise Josée Landry.

Les diplômes d’études professionnelles (DEP) peuvent être intéressants, mais ils sont généralement donnés à temps plein. De leur côté, les attestations d’études collégiales et les certificats universitaires permettent d’étudier tout en occupant un emploi.

À lire aussi :

Source: Radio-Canada

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :