Économie

Coup de chapeau aux entrepreneurs

Des milliers d’entrepreneurs ont dû fermer leurs portes en mars dernier, puis une deuxième fois en octobre, entraînant des pertes d’emplois importantes. Les mois d’été ont été salvateurs pour certains, mais pour d’autres, il était déjà trop tard. Des milliers d’entreprises, petites et grandes, ont disparu. C’est autant de drames personnels, de complications financières, familiales, administratives. Il faut recommencer, rebâtir, repenser les plans futurs.

De la business de survie

C’est de la business de survie, ai-je entendu au détour d’un reportage que nous avons diffusé à Zone économie. Combien de fois avons-nous été les témoins d’appels à l’aide d’entrepreneurs qui disaient avoir tout fait pour rendre leurs lieux et leurs activités totalement sécuritaires? Et d’autres dont les locaux sont fermés depuis le 1er octobre et qui n’avaient toujours pas reçu l’aide promise par le gouvernement Legault à la fin novembre.

Je pense à ce propriétaire de bar, Philippe Desrosiers, de la Brasserie Inox à Québec, qui nous a expliqué n’avoir rien reçu du soutien annoncé par le ministre Fitzgibbon six semaines après sa fermeture. C’est tough en tabarouette de se faire fermer. […] Pendant ce temps-là, on les paie nos taxes municipales, on paie notre Hydro-Québec, on paie notre loyer, on paie toutes nos choses, et l’argent ne rentre pas!

Je pense aussi à Gilles Fortin, fondateur des boutiques Tristan et Iseult, qu’on a vu à Zone économie et à Enquête, et qui est venu exprimer avec beaucoup d’émotion son désarroi face aux fermetures et aux menaces de fermetures. Comme le patron de Sail aussi, qui a frôlé la faillite; le dirigeant des magasins Le Château, qui est venu nous annoncer la fin complète et définitive de sa chaîne de magasins de vêtements; ou encore le patron du Spa Balnéa, qui est venu dire combien il était incohérent, selon lui, de devoir fermer ses activités de soins personnels.

Christiane Germain, Marc Dutil, Peter Simons et plusieurs chefs et propriétaires de restaurants ont pris la parole, souvent, régulièrement, dans les médias, pour rappeler que leur modèle d’affaires se fragilisait jour après jour. Ces gens sont responsables du gagne-pain de milliers de personnes, qui dépendent, elles, du succès et de la prospérité de leur employeur.

Les petits commerçants sont sans doute les plus touchés par la crise économique. Je pense à Anik Beaudoin, du restaurant Auguste à Sherbrooke, à Colombe Saint-Pierre, du restaurant Chez St-Pierre au Bic, à Claudine Roy, de l’Auberge sous les arbres à Gaspé, ou à Simone Chevalot, de la buvette Chez Simone à Montréal.

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Le grand vide dans la culture

Je pense aussi à Tom Fermanian, propriétaire du cinéma Pine de Sainte-Adèle, le plus ancien cinéma du Québec, qui nous disait il y a quelques jours à Zone économie fonctionner à 7 ou 8 % de son chiffre d’affaires habituel cet automne. Les Laurentides sont passées en zone rouge deux mois et demi après Montréal et Québec, mais avec pas de films et avec pas de clients nous a-t-il dit, on ne fait pas d’argent! L’aide aux salles de cinéma, annoncée le 17 décembre, est donc la bienvenue.

Des entrepreneurs en culture, il y en a partout, dans toutes les régions du pays. Ils sont au cœur de ce qui fait battre une communauté. La grande majorité de ces entrepreneurs et des artistes n’ont pas pu travailler depuis mars dernier, tellement qu’un grand nombre évalue la possibilité de se réorienter, de faire autre chose de leur vie.

Une société sans art et sans culture est un lieu éteint, dont la vitalité économique est à risque. Nous l’avons répété mille fois : la culture est un puissant moteur économique, structurant, fondamental, essentiel. La crise actuelle a créé un grand vide dans ce secteur.

Je pense aussi à André Carbonneau, à Jean-Martin Fortier, à Marcel Groleau et à tous les agriculteurs qui ont dû composer avec des incertitudes supplémentaires en 2020, mais qui pourraient profiter en retour d’un désir grandissant des citoyens d’acheter et de consommer local. Cet éveil en faveur de l’achat local est probablement l’avancée la plus importante pour notre économie au cours de l’année qui s’achève.

Des aventures qui tournent court

Je pense à toutes ces entrepreneures et tous ces entrepreneurs qui ont mis leur cœur et leur portefeuille dans l’aventure exceptionnelle qui est celle de lancer un commerce, un produit, de mettre en œuvre une innovation, une idée longuement réfléchie et qui, d’un coup sec, ont vu leur monde s’effondrer.

Avez-vous vu Chef en pandémie à Télé-Québec, cet automne? Comment ne pas s’émouvoir devant Normand Laprise, la gorge serrée, incapable d’imaginer comment il pourra se relever de cette année 2020? Comment ne pas être déçu avec Charles-Antoine Crête de constater que tout le travail effectué pour une reprise sécuritaire durant l’été a été interrompu une fois de plus avec la fermeture annoncée à la fin septembre ?

La santé publique et le gouvernement font le maximum pour ralentir et stopper la COVID-19. L’important, c’est de contrôler le virus et de protéger les plus vulnérables. N’empêche, des milliers de personnes ont navigué avec peine à travers cette crise, qui laissera des traces importantes dans l’économie et dans la vie de bien des gens.

Néanmoins, je vous souhaite de joyeuses fêtes! Je vous retrouve avec bonheur ici-même sur radio-canada.ca et à Zone économie tous les soirs à 18 h HE sur ICI RDI. Suivez également le balado économique de Radio-Canada, Question d’intérêt sur l’application OHdio!

Source: Radio-Canada

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