Économie

Consommateurs et entreprises prêts à délier les cordons de leur bourse

Les consommateurs canadiens ne se feront pas prier pour reprendre le chemin des agences de voyages, des restaurants et de leurs anciennes activités sociales aussitôt que le degré d’avancement de la vaccination le leur permettra.

Interrogés sur le sujet par la Banque du Canada, ils prévoyaient même augmenter leurs dépenses (+4,6 %) presque deux fois et demie plus vite que leurs revenus (+2 %) au cours de la prochaine année, un écart jamais vu depuis que la banque centrale canadienne a conduit sa première Enquête sur les attentes des consommateurs, il y a plus de six ans. « En fait, les consommateurs comptent dépenser dans les deux prochaines années plus du tiers des économies constituées durant la pandémie », a-t-elle rapporté lundi en dévoilant les résultats de son sondage trimestriel auprès d’environ 2000 chefs de ménage.

Interrogés du 15 février au 4 mars, soit alors que la deuxième vague de la COVID-19 s’essoufflait et avant que la troisième ne force un autre resserrement des mesures sanitaires, les consommateurs continuaient d’envisager l’avenir avec prudence, disant s’attendre à ce que la reprise économique soit lente et que la menace de la pandémie ne s’estompe pas avant la seconde moitié de l’année. Cette circonspection était particulièrement perceptible chez les femmes et les ménages à faible revenu durement touchés par la crise.

Presque la moitié disait aussi, cependant, qu’ils prévoyaient « reprendre [leurs] activités économiques et sociales comme avant la pandémie » lorsque la majorité des Canadiens auraient reçu leur vaccin. Plus d’un quart des répondants âgés de 25 à 54 ans et plus du tiers de ceux de 18 à 24 ans pensaient même prendre part à plus d’activités encore qu’avant la COVID-19, contrairement à leurs aînés de 55 ans et plus, dont 43 % ne croient pas que la progression de la vaccination suffira pour les convaincre de reprendre complètement leur ancienne vie.

De tous les domaines où l’on entend augmenter ses dépenses à la faveur des progrès de la vaccination, ce qui arrive en tête est le voyage, le transport, les restaurants, le cinéma et les activités sociales, suivis de l’hébergement. En dépit de la hausse des prix du logement, environ 10 % des répondants (14 % des locataires et 9 % des propriétaires) envisagent l’achat d’une maison ou d’un appartement à la faveur des bas taux d’intérêt, d’une épargne accrue durant la crise et des « changements de comportement induits par la pandémie » qui amènent les acheteurs « à privilégier les logements plus spacieux et à s’éloigner des centres-villes ».

Les consommateurs comptent dépenser dans les deux prochaines années plus du tiers des économies constituées durant la pandémie

Les entreprises aussi

Les consommateurs ne sont pas les seuls à voir hâte de desserrer les cordons de leur bourse. Presque 60 % des entreprises canadiennes comptent augmenter leurs investissements en machines et en matériel au cours de la prochaine année, contre seulement 20 % qui pensent investir moins que lors des douze derniers mois. L’écart favorable de 40 points entre les deux courants de pensée est un sommet depuis que la Banque du Canada a conduit sa première Enquête sur les perspectives des entreprises en 1998, a-t-elle rapporté lundi en dévoilant l’édition printanière de son sondage trimestriel réalisé, lui aussi, de la mi-février au début de mars.

Ces investissements se feront notamment dans l’automatisation de la production et la numérisation des activités pour favoriser les ventes en ligne et le télétravail. Elles viseront, entre autres, à desserrer la contrainte exercée par la rareté de main-d’œuvre dans le cadre de plans stratégiques prévus de longue date, mais aussi d’un raffermissement de la demande « émanant de clients canadiens et étrangers — surtout américains », rapporte la Banque du Canada.

Ce bel optimiste n’était pas partagé par tous avant que ne survienne la troisième vague. Il était le fait de près des deux tiers des entreprises, qui indiquaient que leurs ventes avaient déjà atteint ou dépassé leurs niveaux d’avant la pandémie. Si la moitié des répondants affirmait que la deuxième vague et son lot de resserrement des règles sanitaires avaient eu « moins d’effets défavorables que la première, voire aucun », un cinquième des entreprises disaient, quant à elles, avoir déjà perdu espoir de retrouver leurs niveaux de ventes d’avant la pandémie, notamment dans les secteurs du tourisme et du commerce de détail non essentiel.

Bonne nouvelle

Toutes ces tendances sont plutôt de bonnes nouvelles, même si elles reflètent l’état d’esprit d’avant la troisième vague, a estimé l’économiste du Mouvement Desjardins Benoit P. Durocher, dans une brève analyse. « De façon générale, les résultats des enquêtes dressent un portrait très positif pour l’économie canadienne, en particulier une fois que la campagne de vaccination sera en voie d’être terminée. En outre, la présence d’une demande refoulée au sein de l’hébergement, de la restauration, des voyages et des loisirs laisse croire que ces secteurs pourront à terme profiter d’un rattrapage important. »

À voir en vidéo

Source: Économie – Le Devoir

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :