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Un ex-employé d’un collège privé était un « prédateur sexuel expérimenté »

Un prédateur sexuel « expérimenté » qui leurrait des adolescentes sur l’internet est un ancien employé d’un collège privé de Montréal. Le pédophile Pierre Roy « rôdait » sur le web pour piéger de jeunes filles afin d’assouvir ses sombres fantasmes. Il a été condamné vendredi à quatre ans de pénitencier.

Publié le 14 novembre 2020 à 9h00

 Louis-Samuel Perron
La Presse

« En termes clairs, le comportement de l’accusé s’apparente à celui d’un prédateur sexuel adulte expérimenté de l’univers du cyberespace qui a l’intention précise de repérer de jeunes victimes pour assouvir ses fins sexuelles illicites », a tranché le juge Manlio Del Negro jeudi après-midi, en ordonnant ensuite l’incarcération immédiate de l’accusé.

Le Montréalais de 66 ans a été déclaré coupable de plusieurs chefs d’accusation de leurre informatique de mineurs et d’un chef de production de pornographie juvénile. En discutant avec une femme sur l’internet, Pierre Roy a tenu des propos extrêmement crus décrivant les gestes sexuels qu’il aurait aimé poser sur les jeunes enfants de la femme.

Pierre Roy a travaillé comme aide-cuisinier au collège Notre-Dame de Montréal de mai 2011 à mai 2018. « Il n’a jamais été en contact seul avec les enfants d’aucune façon », a assuré Vincent Grégoire, secrétaire général du collège. L’établissement scolaire privé de niveau secondaire n’était pas au courant des démêlés judiciaires de l’ex-employé jusqu’à l’appel de La Presse.

Le prédateur sexuel a sévi entre 2017 et 2018 sur JALF, un site de rencontre « dédié à la réalisation de vos fantasmes ». Même si le site était en principe réservé aux adultes, plusieurs adolescentes qui s’identifiaient comme telles fréquentaient la plateforme. Pierre Roy a ainsi tenu des propos sexuellement explicites envers ses victimes de 15 et 16 ans, deux adolescentes et un agent d’infiltration du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) jouant le rôle d’une ado.

Des propos « très troublants »

Pierre Roy ne passait pas par quatre chemins en échangeant avec les jeunes filles. Il leur avouait sans gêne fantasmer à l’idée d’avoir une relation sexuelle avec une mineure. « Ça m’excite d’y penser », a-t-il répété aux adolescentes. À une ado qui lui disait avoir une sœur, Pierre Roy a écrit vouloir être leur « père » pour avoir une relation sexuelle avec elles. Il donnait également des conseils à ses victimes pour éviter la surveillance de leurs parents. Des propos « très troublants », selon le juge.

Tous ces échanges sexuels n’étaient qu’une « plaisanterie de mauvais goût », s’est toutefois défendu l’accusé. Selon ses dires, les victimes étaient des adultes se disant adolescentes. Une version « invraisemblable » fermement rejetée par le juge Del Negro. « C’est de la pure fantaisie ! Une pure invention », a-t-il lancé. Le témoignage de Pierre Roy a même « bonifié » la preuve de la Couronne, selon le magistrat.

Pierre Roy a été condamné vendredi matin à la peine minimale de quatre ans de pénitencier. Il n’avait aucun antécédent judiciaire. Il lui sera interdit d’utiliser l’internet pendant trois ans à sa sortie de prison et sera inscrit à vie au Registre des délinquants sexuels. Il était défendu par MYann Trignac, alors que MKarine Lagacé-Paquette représentait le ministère public.

Source: LaPresse.ca – Actualités

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