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Syrie : des prisonnières affiliées à l’EI tentent de s’évader avec des enfants dans un camion-citerne

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 11 septembre montre une opération pour arrêter cinq femmes et six enfants appartenant à l’organisation État islamique. Elles avaient tenté de s’évader, cachées dans un camion-citerne, du camp d’Al-Hol, le plus grand de Syrie, qui abrite des milliers de déplacés internes dont plusieurs milliers de familles de djihadistes, détenues par les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes depuis fin 2018. Ces tentatives d’évasion sont fréquentes selon les FDS, et mettent en danger en premier lieu les enfants de ces prisonnières.

Dans cette vidéo diffusée le 11 septembre par une page d’informations locales sur Facebook, un camion-citerne est arrêté par des combattantes syriennes kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS). On entend des coups frappés depuis l’intérieur de la citerne et des pleurs d’enfants. “Ouvre la porte, vite !”, ordonne l’une des combattantes au chauffeur du camion. Pendant qu’il s’exécute, inquiet, les cris et les coups reprennent de plus en plus intensément. Une fois la porte de la citerne détachée, on voit descendre du camion plusieurs sacs poubelle, puis des enfants au visage blême, qui ne peuvent visiblement pas bouger leurs jambes ni leurs bras. “Apportez-leur de l’eau !”, crie l’une des combattantes kurdes pendant que les enfants, en pleurs, continuent d’être évacués et allongés à même le sol.

Nous diffusons uniquement des captures d’écran de cette vidéo compte-tenu de la présence de mineurs.

Une combattante détache la porte de la citerne à l’aide du chauffeur et commence à sortir des enfants en bas âge, un par un, et les donner à sa collègue qui les couche par terre et leur mouille le visage.
Après quelques minutes, les femmes commencent à leur tour à quitter la citerne. La plupart d’entre elles portent le voile intégral ou cachent leur visage à l’aide de leur robe. L’opération se poursuit pendant près de dix minutes, durant lesquelles les enfants, souffrant de la chaleur extrême, sont aspergés d’eau afin de les raviver. Tous sont très jeunes.

Au total, six enfants et cinq femmes sont sortis de la cabine du camion-citerne.
“Tu viens d’où toi ?”, lance l’une des combattantes kurdes à une femme dont on ne voit pas le visage. “D’Irak” répond celle-ci. Le chauffeur affirme qu’il transportait des vivres “pour l’entreprise [locale] Hattab”. “Mais je n’ai aucune idée de la façon dont sont montées ces femmes dans le camion. J’ai simplement récupéré le véhicule tel qu’il est !”, répond-il aux combattantes qui le questionnent. Les mères ne donnent pas plus de détails sur l’organisation de l’opération, se contentant de dire que ce sont leurs familles en Irak qui ont organisé cette tentative de fuite.

Cette scène date du 10 septembre 2020, selon un porte-parole des FDS, qui a eu accès notamment aux vidéos de leur interrogatoire. Elle se passe juste à la sortie du camp d’Al-Hol, à 40 km de la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Établi en 1991 lors de la première guerre du Golfe par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), il regroupe depuis fin 2018 près de 70 000 personnes, dont 18 000 femmes et enfants de 82 nationalités affiliés au groupe État islamique, placées sous la protection des FDS et de l’administration autonome kurde (Rojava).

Une source au sein de l’administration du camp d’Al-Hol a communiqué à la rédaction des Observateurs une seconde vidéo, filmée après l’opération de sauvetage. Les combattantes kurdes y interrogent le chauffeur du camion-citerne sur les circonstances dans lesquelles le groupe serait monté dans le véhicule.

Nous diffusons uniquement une capture d’écran de cette vidéo compte-tenu de la présence de mineurs.

Le chauffeur dit qu’il vient d’un village de Tell Hamiss, dans le gouvernorat de Hassaké, à une cinquantaine de km de Al Hol. Il transportait de l’eau pour le compte de l’ONG norvégienne pour les déplacés du NRC (Norwegian Refugee Council).

Beaucoup de détenues affiliées au groupe EI essaient par tous les moyens de s’évader vers Idleb, province à l’ouest du pays contrôlée par les forces turques et des milices syriennes, afin de gagner ensuite la Turquie. Un rapport du Middle East Institute indique que ces femmes peuvent ainsi se rendre à l’ambassade de leur pays respectif ou résider illégalement mais librement en Turquie.

En outre, les services de renseignements turcs ont collaboré avec ceux d’autres pays afin d’évacuer des femmes de l’organisation État Islamique vers leurs pays d’origine via la Turquie. Pour la Turquie, ces anciennes détenues arrivées sur son territoire serait un moyen de pression sur l’Union européenne, puisqu’elle peut menacer de les renvoyer dans leur pays d’origine.

Source: france24

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