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Nigeria : enterrement de masses, tueries lors de mariages, un conflit interethnique dégénère

Steven Kefason est un militant Atyap originaire d’un village du sud de Kaduna. Il explique que dans les villages, les survivants de ces attaques doivent procéder à des enterrements de masse :

Les communautés sont situées dans des zones reculées, où il n’y a ni électricité ni hôpital au standard adéquat. Il n’y a pas non plus de morgue où les cadavres peuvent être conservés sur une longue période. La plupart du temps, après de telles attaques, les villageois enterrent en masse les victimes, sauf en de rares occasions où elles sont enterrées correctement avec un cercueil.Les victimes étant des chrétiens, les familles appellent le prêtre ou le pasteur, et les enterrements se font d’une manière très méprisable et dans l’indignité de la personne humaine. Telle est la situation. Les populations ont toujours peur et n’ont donc pas le temps de préparer des funérailles convenables pour les victimes. Parfois même, lors de ces enterrements, les assaillants reviennent pour attaquer à nouveau.

 

Une violence infinie
Si des différences religieuses et ethniques séparent déjà les Atyaps et les Peuls, les conflits proviennent souvent des différends fonciers entre agriculteurs et éleveurs. Ces cinq dernières années, les attaques perpétrées par de présumés bergers peuls ont fait 1 000 morts, dont 178 ces sept derniers mois.

Le 21 juillet, la présidence nigériane a affirmé que “le conflit était une violence mutuelle de la part de gangs criminels agissant avec des mobiles ethniques et religieux. Nous notons que la vengeance et la contre-vengeance ne font que créer une spirale de violence qui met tout le monde en danger, en particulier les innocents”.

Selon des chiffres publiés dans les journaux locaux, au moins 53 personnes issues de la communauté Atyap ont été tuées dans cinq attaques distinctes du 19 au 24 juillet dans le sud de Kaduna. La Fondation de la jeunesse musulmane du sud de Kaduna a également signalé des attaques visant les musulmans de la région. Une association peule, alléguant une recrudescence des attaques contre les bergers peuls, a mis sur pied un groupe d’autodéfense le 29 juillet pour lutter contre la criminalité et le “banditisme rural”.

Les autorités ont mis en place des couvre-feu dans certaines localités dès juin. Mais ces mesures, doublées de ce que la Présidence appelle “un déploiement sécuritaire de grand ampleur” ne dissuadent pas les actes de violence qui se poursuivent malgré tout.

Le gouverneur de l’État de Kaduna, Nasir El-Rufai, a déclaré qu’il ne croit pas aux fondements religieux ou ethniques des récents massacres. Les dirigeants musulmans et chrétiens de Kaduna ont dénoncé les meurtres et ont imploré l’aide du gouvernement central.
“Terre brûlée”
Lors d’une attaque contre le village Atyap de Zikpak le 24 juillet, des villageois ont rapporté qu’après avoir ouvert le feu, des hommes armés sont restés dans le village et ont brûlé des maisons et des voitures pendant deux heures. Selon les populations, trois maisons avaient été détruites lors de cette attaque et au moins neuf villageois avaient été tués.

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 Des villageois en larmes après une attaque le 24 juillet dans le village de Zikpak qui a tué au moins 9 personnes et en a blessé beaucoup d’autres.
Pour échapper aux attaques, de nombreux habitants ont dû se réfugier dans des églises ou des camps. Selon l’Observatoire des déplacements internes, quinze abris ont été détruits dans le district de Kajuru entre le 13 et le 19 juillet, provoquant 312 déplacés. Vingt autres maisons ont été détruites lors d’une attaque du 19 juillet par des milices peules dans le village de Chibwob, faisant 86 autres déplacées.

Plus de 1 000 personnes résident actuellement dans le camp de déplacés de Mercy, géré par des membres de l’église locale de la ville de Zonkwa.

Ces villageois ont abandonné leurs maisons, leur entreprise et se trouvent maintenant dans la ville de Zonkwa après des attaques contre leurs communautés.

Source: france24

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