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Les appels de Trump avec les dirigeants étrangers auraient alarmé ses ex-collaborateurs

Un président mal préparé à discuter des enjeux, dominé par des dirigeants autoritaires comme le président russe, Vladimir Poutine, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, hostile envers ses alliés des pays occidentaux et qui parle surtout de lui-même : voilà, selon CNN, le portrait peu flatteur ayant émergé de centaines d’appels d’appels téléphoniques hautement classifiés avec des chefs d’État et de gouvernement étrangers.

Les anciens collaborateurs du président Trump, dont les ex-conseillers à la sécurité nationale H.R. McMaster, puis l’ancien conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale (NSC) John Bolton, l’ex-secrétaire à la Défense James Mattis, le secrétaire d’État Rex Tillerson et le chef de cabinet de la Maison-Blanche John Kelly ainsi que des responsables des services de renseignement auraient cru que le président était souvent délirant.

Selon les sources du réseau, qui réitèrent des informations déjà publiées, Donald Trump ne lisait que très rarement les documents d’information préparés par la CIA et le NSC avant ses appels avec les dirigeants.

Son ton, ses accès de rage contre les alliés, sa servilité à l’endroit des leaders autoritaires, son ignorance de l’histoire et son manque de préparation étaient tout aussi préoccupants que la teneur des échanges, selon les sources, qui décrivent des divagations farfelues dénuées de faits et basées sur les intuitions du président, ses suppositions, les opinions des animateurs de Fox News TV et la désinformation glanée sur les médias sociaux.

Il s’agit d’abominations si graves pour les intérêts de sécurité nationale des États-Unis que si les membres du Congrès entendaient les témoins des conversations ou lisaient les comptes rendus, qui sont archivés, que plusieurs de ses alliés républicains ne pourraient plus maintenir leur confiance à l’endroit du président, résume une source au courant de la majorité des discussions.

Faisant écho au livre de John Bolton publié la semaine dernière, The Room Where It Happened, A White House Memoir (La pièce où c’est arrivé, mémoires de la Maison-Blanche), les sources affirment que Donald Trump poursuivait souvent des objectifs davantage liés à son propre intérêt qu’à ce que ses collaborateurs considéraient importants pour la sécurité nationale américaine. Dans son livre, M. Bolton soutenait par exemple que son ancien patron avait sollicité l’aide de la Chine pour être réélu.

Récemment, James Mattis, un ancien général quatre étoiles des Marines a lui aussi porté un jugement sans appel sur son ancien patron dans une déclaration publiée sur le site de la revue The Atlantic.

Ce nouveau dossier à charge, qui s’ajoute à d’autres descriptions tout aussi négatives du président, vient cette fois du journaliste Carl Bernstein, qui dit avoir interviewé pendant quatre mois des sources à la Maison-Blanche et dans la communauté du renseignement bien au fait du contenu des conversations et qui ont requis l’anonymat.

Dans les années 1970, le journaliste avait, avec son collègue Bob Woodward, mis au jour le scandale du Watergate impliquant le président Richard Nixon.

Des leaders autoritaires qui auraient le dessus

Donald Trump aurait été convaincu de pouvoir faire capituler devant sa volonté presque tous les dirigeants étrangers en les charmant ou encore en faisant pression sur eux, selon les sources, qui disent ne pas avoir constaté d’amélioration avec le temps.

Dans ses contacts avec Vladimir Poutine, il faisait généralement fi de l’expertise en matière de politiques et négligeait les enjeux importants, comme les droits de la personne ou un accord de contrôle des armements, mais tentait obstinément d’obtenir son admiration et son approbation.

Un responsable gouvernemental de haut niveau [a comparé] le président russe à un grand maître d’échecs et Trump à un joueur occasionnel de dames.

Carl Bernstein

Selon des sources, la fréquence des appels du président turc, qui multipliait les demandes de faveurs, et la facilité avec laquelle il pouvait rejoindre le président Trump, contournant les protocoles du Conseil de sécurité nationale, étaient aussi une source de préoccupation.

La décision du président Trump de retirer les troupes américaines du nord de la Syrie, qui avait même été critiquée par certains de ses alliés les plus loyaux, aurait été tributaire de l’habileté du président turc, qui aurait été son interlocuteur le plus fréquent, à obtenir de lui ce qu’il voulait.

Des alliés – et surtout des alliées – insultés

La dynamique était toute autre avec les leaders occidentaux comme le premier ministre canadien Justin Trudeau ou les dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Australie ou de l’Allemagne, affirme CNN.

Se montrant hostile, voire agressif, le président faisait alors de ses doléances le leitmotiv des discussions et tentait plutôt d’intimider ses interlocuteurs.

Les attaques étaient encore plus vicieuses lorsqu’il parlait avec des femmes comme la chancelière allemande, Angela Merkel, qui ne s’en laissait pas imposer, ou l’ex-première ministre britannique, Theresa May.

Il aurait accusé la première d’être stupide et sous l’influence des Russes, et la deuxième d’être imbécile et sans colonne vertébrale, par exemple dans son approche au Brexit et à l’immigration.

Le sujet commun à toutes les discussions : Trump

Peu importe avec qui il parlait, soutiennent les sources de Carl Bernstein, il était beaucoup plus question de Donald Trump que des États-Unis.

D’après les témoignages, ce dernier ne cessait de se vanter auprès des dirigeants étrangers, dont le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane et le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, de sa propre richesse, de son génie, de ses grandes réalisations en tant que président et de l’idiotie de ses prédécesseurs, particulièrement Barack Obama.

C’était comme si les États-Unis avaient disparu. C’était toujours « seulement moi ».

Une source citée par Carl Bernstein

La fille et le gendre du président, Ivanka Trump et Jared Kushner, auraient par ailleurs écouté certains appels, malgré leur manque d’expérience en politique étrangère.

À l’issue d’un appel avec le président Poutine, Donald Trump était plus intéressé à entendre leurs félicitations que les critiques de Rex Tillerson, de H.R. McMaster et de l’experte sur la Russie au sein du Conseil de sécurité nationale, Fiona Hill.

Témoin vedette de l’enquête en destitution menée l’automne dernier par les démocrates, celle-ci avait rappelé à l’ordre le président Trump et les élus républicains de façon virulente, descendant en flammes la théorie selon laquelle Kiev a cherché à influencer le résultat de la présidentielle de 2016, montrant plutôt Moscou du doigt.

Selon des sources de CNN, certains anciens responsables Trump pourraient être prêts à témoigner de ce qu’ils savent.

Source: Radio-Canada | Info – En continu

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