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Le passeport sanitaire fait tomber l’obligation du masque en France

Cinémas, musées, établissements sportifs : le port du masque ne sera plus obligatoire pour le public dans les lieux où l’entrée est assujettie au passeport sanitaire, bien que le variant Delta fasse exploser les cas de COVID-19 en France, estimés mardi à 18 000 en 24 heures, du jamais vu.

« Là où il y a le pass sanitaire » anti-COVID-19, les personnes « pourront enlever le masque », sauf contrordre des autorités locales en fonction de la situation épidémique, a déclaré mardi le ministre français de la Santé, Olivier Véran, avant le début de l’examen d’une loi au Parlement dans la journée.

Le couvre-visage des salariés

Selon lui, le masque ne s’y impose plus, car le passeport sanitaire implique « qu’on est sûr que toutes les personnes qui entrent sont vaccinées complètement ou ont un test très récent qui est négatif ».

Cette mesure figure dans un décret paru mardi au Journal officiel, qui abaisse également à 50 personnes (contre 1000 auparavant) la jauge dans les lieux soumis au passeport sanitaire. Ce dernier sera exigible dans les lieux de culture (cinémas, musées, théâtres, etc.) à partir de mercredi.

Mais contrairement au public qui y accède, les salariés qui travaillent dans ces lieux devront, eux, garder le masque.

Mauvaise idée

La fin de l’obligation du masque pour le public de ces lieux-là « va améliorer le quotidien des Français petit à petit », a indiqué M. Véran.

À l’inverse, la très respectée épidémiologiste Dominique Costagliola souligne avoir appris cette mesure « avec stupeur ».

« C’est une mauvaise idée, a-t-elle dit. Il faudrait avoir ceinture et bretelles pour essayer de combattre cette épidémie, et pas enlever certaines mesures quand on en met d’autres en place. »

« Si le pass sanitaire est contrôlé, alors le niveau de risque […] sera nettement réduit », a pour sa part mentionné l’épidémiologiste Antoine Flahault auprès de l’AFP.

Pour autant, la découverte d’un foyer de 81 cas positifs après trois soirées techno organisées à la mi-juillet dans un club de Bordeaux a jeté un doute sur l’efficacité des contrôles du passeport sanitaire

Sous l’effet du variant Delta, plus contagieux, l’épidémie repart en France, à tel point que le gouvernement parle désormais d’une quatrième vague. « Nous étions hier à 18 000 contaminations en 24 heures seulement », s’est alarmé plus tard mardi le ministre de la Santé à l’Assemblée nationale.

Explosion des cas

« Nous avons une augmentation de la circulation du virus de l’ordre de 150 % sur une semaine : nous n’avons jamais connu cela, ni avec [la souche historique du virus], ni avec le variant anglais, ni avec le sud-africain, ni avec le brésilien », a-t-il ajouté.

À certains endroits, les autorités locales ont même décidé d’imposer à nouveau le masque à l’extérieur, notamment dans le sud-ouest du pays.

Le gouvernement français craint que cette hausse, qui touche essentiellement les jeunes, finisse par s’étendre aux personnes âgées ou fragiles non vaccinées et entraîne une hausse des hospitalisations.

« Nos indicateurs [hospitaliers], même s’ils restent encore assez faibles, ont commencé à augmenter », a mis en garde le ministre.

40 millions

C’est justement cette dégradation qui a amené le président, Emmanuel Macron, à annoncer un tour de vis le 12 juillet pour accélérer la vaccination : vaccin obligatoire pour les soignants et extension du passeport sanitaire (prouvant la vaccination complète, un test négatif récent ou l’immunisation) aux cafés, restaurants ou trains à partir de début août.

Le gouvernement doit encore déterminer comment appliquer cela aux centres commerciaux.

Toutes ces mesures doivent se traduire dans la loi, qui pourrait être adoptée en fin de semaine. Elles « vont sauver des vies », a martelé M. Véran.

Avant même leur entrée en vigueur, l’annonce de ces mesures a d’ailleurs nettement accéléré la vaccination.

L’objectif de 40 millions de premières doses injectées « devrait être atteint à la fin du mois de juillet », avec un mois d’avance sur le tableau de marche initial, s’est ainsi félicité le premier ministre, Jean Castex, devant l’Assemblée.

La France a déjà connu trois vagues successives depuis le début de l’épidémie de COVID-19, qui ont fait au total 111 521 morts.

À voir en vidéo

Source: Monde / Europe – Le Devoir

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