Actualités

La pandémie, arme de désinformation massive contre l’Europe

Ursula von der Leyen, présidente de la Commision européenne, mise sur le rôle des médias « fiables et réputés » pour lutter contre les « fake news ». Ici au Parlement européen de Bruxelles (Belgique), le 26 mars 2020. ARIS OIKONOMOU/AFP

La désinformation sur la pandémie de Covid-19 est devenue une véritable arme pour ceux qui entendent déstabiliser l’Union européenne (UE), ou convaincre qu’elle est en train d’imploser. Déversés sur les différents réseaux sociaux par des « agents non étatiques » – mais souvent liés à des Etats – ou diffusés par des chaînes d’information dépendant directement de ces Etats, ces messages sont désormais répertoriés sur un site (Euvsdisinfo.eu) piloté par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et initialement voué à la « communication proactive » sur les politiques de l’Europe.

Lire aussi Le coronavirus à l’heure des rumeurs par messagerie instantanée : « C’est la mère de ma femme qui me l’a dit »

Au 1er avril, 215 preuves évidentes de désinformation ont été recensées par Bruxelles. Derniers exemples ? En l’espace d’une seule journée, on pouvait lire : « La CIA a créé le coronavirus et US AID [l’agence humanitaire américaine] est un groupement terroriste qui lui est lié » ; « Accuser la Chine au sujet de la pandémie est un stratagème, comme accuser la Russie pour le crash du MH-17 » ; « Le parlement italien a abaissé le drapeau de l’Union européenne » ; « Les défenseurs de la cause environnementale sont fous de joie et voient l’épidémie comme une chance », etc.

Connotation politique

Toutes ces prétendues nouvelles, diffusées dans de nombreux pays, y compris européens, forment un flot continu et « de plus en plus fort », remarque Peter Stano, porte-parole du Haut représentant pour les affaires extérieures, Josep Borrell. Et ces messages à claire connotation politique s’ajoutent à d’autres, pas plus anodins, sur les pseudomoyens de guérir du Covid-19 – boire de l’eau de javel ou de l’alcool pur, ingurgiter de la vitamine C –, qui ont poussé récemment la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, à faire une intervention publique pour dénoncer « la désinformation qui peut tuer ». La filiale allemande de Sputnik, agence d’information russe, a, elle, affirmé récemment, par le biais de Facebook et Twitter, que se laver les mains ne servait à rien, relève un rapport du SEAE.

Peter Stano (Commission européenne) : « Nous n’allons pas répondre à des campagnes orchestrées par une contre-propagande, mais en éveillant les consciences »

Deux mois d’examen des contenus diffusés ont indiqué que la cible principale des « désinformateurs » reste toutefois les Etats-Unis, accusés d’avoir organisé la diffusion du virus. Immédiatement après, c’est le thème de l’effondrement de l’Europe, et de son incapacité à aider ses membres, qui est le plus répandu avec, notamment, l’insistance sur le rôle humanitaire de la Russie en Italie. Troisième axe : le virus aurait été diffusé pour freiner le développement économique de la Chine. Quatrième sujet : la crise sanitaire résulterait du plan secret d’une « élite globalisée ». Enfin, les tentatives de déstabilisation de l’Ukraine se sont multipliées, provoquant en particulier des violences dans une petite ville du centre, en février, quand une rumeur avait annoncé l’arrivée de personnes prétendument malades, rapatriées de Wuhan.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :