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Kamala Harris inspirera les futures politiciennes noires canadiennes

(Ottawa) L’élection de Kamala Harris à la vice-présidence des États-Unis sera une source d’inspiration pour les jeunes femmes noires canadiennes qui désirent s’engager en politique, soutient Velma Morgan, une militante de Toronto.

Publié le 14 novembre 2020 à 10h59

Maan Alhmidi
La Presse Canadienne

Le père de Mme Harris est né en Jamaïque, sa mère en Inde. Kamala Harris est la première noire et la première asiatique à accéder à la vice-présidence.

Mme Morgan, qui dirige Operation Black Vote, un organisme visant à faire élire plus de Noirs à tous les ordres de gouvernement. Elle avait personnellement appuyé la nouvelle cheffe du Parti Vert Annamie Paul lors de la récente course à la succession.

PHOTO CHRIS YOUNG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La cheffe du Parti Vert Annamie Paul

« Les jeunes filles peuvent voir d’elle-même cette combinaison de ces deux femmes [Harris et Paul], dit-elle. La représentation est une question importante. On ne peut devenir ce qu’on ne voit pas. »

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, le premier membre d’une minorité visible à diriger l’un des principaux partis fédéraux, avance que l’élection de Mme Harris encouragera la prochaine génération de Canadiennes à s’impliquer en politique, et à présenter leur candidature.

Quiconque abat une barrière inspire les autres. Si nous sommes là aujourd’hui, c’est grâce à ceux qui ont abattu les barrières devant nous.

Jagmeet Singh, chef du NPD

M. Singh dit être heureux et fier de l’impact qu’il a eu sur les jeunes membres des minorités visibles lors de la dernière campagne électorale canadienne en novembre 2019.

« Des jeunes viennent me voir pour me remercier de briguer le poste de premier ministre. Ils me disaient qu’ils avaient l’impression de pouvoir tout faire », relate-t-il.

Le député libéral de Hull-Aylmer, Greg Fergus, dirige le Caucus des parlementaires noirs. Selon lui, il est nécessaire d’élire plus de députés noirs à la Chambre des communes.

« J’ai déjà été le seul député noir à la Chambre des communes, se souvient-il. Et puis il y a en eu deux. Nous sommes restés deux pendant plusieurs années, mais maintenant, nous sommes cinq. »

Même s’il y a un certain progrès, le nombre de députés noirs ne représente pas « le poids démographique » de la population noire au Canada. Selon les données du recensement de 2016, on comptait un peu moins de 1,2 million de Noirs au pays, soit 3,5 % de la population.

Mme Morgan dit que le Canada a besoin de plus de législateurs noirs. Son organisme offre des sessions de formation et des programmes de bourse pour encourager les jeunes noirs à se présenter aux élections.

« Nous leur donnons des instruments pour participer, quelle que soit la façon dont ils veulent participer, s’ils veulent se présenter ou simplement être des militants bénévoles, dit-elle. Nous essayons de leur faire savoir que nous sommes là. Il y a peu d’élus noirs, mais on peut changer cela en amenant plus de gens dans le processus. »

Le député néo-démocrate de Hamilton-Centre, Matthew Green, se souvient d’avoir fêté l’élection de Barack Obama en 2008. Selon lui, l’objectif ne doit pas être seulement de mieux refléter la diversité canadienne. Il faut aussi se préoccuper de l’inclusion et de l’équité.

« Élire des femmes ou des gens des minorités visibles ne sera important que si leur héritage permet de démanteler les barrières qu’ils ont dû affronter pour y parvenir. »

M. Green juge que les riches hommes blancs sont encore favorisés par le système de façon disproportionnée.

« Même après avoir été le premier Afro-Canadien à siéger au conseil municipal de ma ville, j’ai fait l’objet de profilage racial. »

M. Green apporte un bémol à l’élection de Kamala Harris. Il rappelle que celle-ci a déjà été procureure générale en Californie. À ce titre, elle faisait partie d’un système qui punissait plus facilement les Noires, les hispanophones et les pauvres. Ce qui compte, juge-t-il, c’est de voir si elle parviendra à aider les communautés marginalisées à démanteler les barrières.

Mais proclamer que « la diversité fait notre force » peut être trompeur, estime l’ancienne députée Celina Caesar-Chavannes.

« Compter des gens des minorités visibles ou défendant des idées différentes au sein de notre organisation ou du système ne signifie rien si ces personnes se sentent exclues », dit-elle.

Elle n’est pas très optimiste. « Si nous ne nous attaquons pas à la source du problème, si on se contente de poser un pansement, les choses. »

Cette dépêche a été écrite avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les Nouvelles.

Source: LaPresse.ca – Actualités

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