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« Entre la Chine et les Etats-Unis, le coronavirus est un sujet de conflit supplémentaire, pas de coopération »

Chronique. La lutte contre le Covid-19 reflète la carte géopolitique de l’heure. La Chine ne cesse de monter en force ; les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes. Entre les deux premières puissances du monde, déjà en pleine bataille économique, le nouveau coronavirus est un sujet de conflit supplémentaire, pas de coopération. Leur rivalité étouffe ce qui reste de « communauté internationale » ou de multilatéralisme. Le Covid-19 s’en porte mieux.

Dans cette affaire, les uns et les autres ont perdu beaucoup de temps. Le Chinois Xi Jinping parce qu’il ne voulait pas savoir, l’Américain Donald Trump parce qu’il ne comprenait rien. La Chine, d’abord victime d’un système politique qui élimine les porteurs de mauvaises nouvelles, s’est reprise.

Elle s’attache à faire oublier sa responsabilité première dans la tragédie en cours. Avec un aplomb impérial, elle est omniprésente sur le front de la lutte contre le virus, distribuant des leçons et des médicaments, remplissant le vide laissé par une Amérique que Trump a rapetissée. Pour la première fois dans une crise d’ampleur mondiale, les Etats-Unis semblent n’exercer aucun leadership.

Ode à l’autocratie !

L’autoritarisme centralisateur à la Xi Jinping a empêché que le coronavirus apparu dans la région du Hubei, à Wuhan, soit immédiatement traité. De peur de déplaire au « centre », les autorités locales ont fait taire les lanceurs d’avertissement. Pendant des semaines – précieuses semaines –, on a circulé librement dans et hors du Hubei. Le virus s’est propagé. Le Parti communiste chinois (PCC) n’est pas sorti grandi d’une affaire inhérente au mode de gouvernement qu’il incarne.

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Il entend se rattraper aujourd’hui. Il vante la capacité qu’il a eue à neutraliser la crise. Le PCC met en avant son unique aptitude à imposer un confinement total à des dizaines de millions de personnes. Ode à l’autocratie ! Il n’y a pas que l’échelon politique. Le capitalisme d’Etat, tel qu’on le pratique en Chine, est célébré. Pékin commande aux entreprises chinoises, qui obéissent, avec cette souplesse de réaction qui les caractérise.

Quand la Commission de Bruxelles veut acheter des masques, elle doit passer des appels d’offres : cela prend des semaines. La Chine bâtit une aile d’hôpital en quinze jours. Elle produit des masques et des « respirateurs » à la chaîne, des médicaments aussi, qu’on distribue à l’orgueilleux Occident. La Chine profite de sa rente de situation : nous lui avons, largement, confié notre industrie pharmaceutique…

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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