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En Moselle, la fermeture de la frontière franco-allemande crée des tensions

Certes, le pont qui relie Petite-Rosselle (Moselle) à Grossrosseln (Sarre) restera fermé de 22 heures à 5 heures. Mais, depuis jeudi 2 avril, il est de nouveau possible de circuler en journée entre ces deux bourgs dont les habitants avaient presque fini par oublier que l’un était français et l’autre allemand, jusqu’à ce que le gouvernement d’Angela Merkel décide, le 15 mars, de fermer la frontière entre les deux pays.

« C’est une sage décision », se félicite Christophe Arend. Depuis quelques jours, le député (LRM) de la 6e circonscription de la Moselle, président du groupe d’amitié France-Allemagne à l’Assemblée nationale, activait ses réseaux pour obtenir un tel geste de la part de Berlin. « La fermeture de la frontière est non seulement un casse-tête pour la vie quotidienne, mais, au-delà, c’est aussi l’amitié franco-allemande qui est en jeu », explique-t-il.

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Au départ, le gouvernement allemand n’avait parlé que d’un renforcement des contrôles à la frontière. Mais, faute de pouvoir mobiliser des policiers sur toutes les routes, il a dû faire des choix. Résultat : sur les trente-cinq points de passage entre la Moselle et la Sarre, trente et un ont été purement et simplement fermés, obligeant les travailleurs frontaliers – les seuls encore autorisés à circuler – à faire de longs détours pour exercer leur métier en Allemagne. C’est notamment le cas de cent soixante employés de la clinique Winterberg, à Sarrebruck. « En pleine crise sanitaire, au moment où on a le plus besoin d’eux, prendre une décision qui complique encore plus la vie de ces gens est le comble de l’absurde », s’agace M. Arend.

Des Français « injuriés ou alpagués dans la rue »

Côté allemand, la fermeture de la frontière pose également de gros problèmes. « Economiquement, c’est une vraie catastrophe », dit Timo Lehberger, secrétaire général de l’Association européenne des travailleurs indépendants allemands. Rafael Carentz le confirme. Trois cents mètres séparent les bureaux de sa petite société d’horticulture, situés à Rehlingen, en Allemagne, de son entrepôt, côté français. « Normalement, on met trois minutes pour aller de l’un à l’autre. Depuis que la frontière est fermée, ça prend au moins deux heures, vu les détours qu’il faut faire et les embouteillages à la frontière », explique-t-il.

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Même si elle complique la vie des deux côtés, la fermeture de la frontière n’a toutefois pas la même portée pour les Français et les Allemands. Décrétée trois jours après que l’institut de santé publique allemand Robert-Koch a classé la région Grand-Est comme « zone à haut risque », la mesure a provoqué des réactions parfois brutales.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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