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En Argentine, la lutte contre le coronavirus unit la classe politique autour du péroniste Alberto Fernandez

Alberto Fernandez, le président argentin, survole Buenos Aires, le 21 mars. MARIA EUGENIA CERUTTI / AFP

A bord d’un hélicoptère survolant la capitale aux rues désertes ; sur le chantier d’un nouvel hôpital, casque de construction sur la tête ; en grande réunion avec les gouverneurs de province, l’air grave… Pas un jour ne se passe sans qu’Alberto Fernandez apparaisse en « une » des journaux : le nouveau président péroniste de centre-gauche, au pouvoir depuis moins de quatre mois, s’affiche sur tous les fronts de la lutte contre le coronavirus. Et fait consensus au sein d’une classe politique habituellement polarisée entre péronistes et antipéronistes.

Le Covid-19 a fait six morts en Argentine, pour 387 cas confirmés au 24 mars. Des chiffres encore relativement bas en comparaison de ceux des pays européens, l’épidémie ayant commencé plus tard en Amérique du Sud. Afin d’éviter un scénario à l’italienne, Alberto Fernandez a réagi tôt, décrétant coup sur coup la fermeture totale des frontières le 15 mars, la suspension des cours pour tous les élèves le 16 – à la même date que la France, qui comptait déjà, à ce moment-là, plus de 6 000 cas alors que l’Argentine en recensait une soixantaine –, avant d’annoncer le confinement total du pays à partir du 20 mars et au moins jusqu’à la fin du mois.

Ces mesures fortes tranchent avec celles prises par d’autres chefs d’Etat d’Amérique latine, comme au Brésil voisin, où l’excentrique président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, continue de nier la gravité du virus ; ou encore au Mexique, dont le président encourage les habitants à sortir au restaurant, et à « continuer de mener une vie normale », afin de « renforcer une économie familiale et populaire ».

En Argentine, malgré une situation économique et sociale catastrophique (deux années consécutives de récession, 40 % de pauvres et un taux de chômage en forte hausse), le consensus est grand autour d’Alberto Fernandez et des mesures drastiques qu’il a choisi de prendre pour freiner l’épidémie. « Les Argentins ont vite accepté l’idée du confinement, la condamnation sociale de ceux qui ne la respectent pas est très importante », souligne Lara Goyburu, professeure de sciences politiques à l’université de Buenos Aires.

Crainte d’une explosion de la pauvreté

Le gouvernement a adopté une série de mesures économiques – allocations exceptionnelles pour les plus vulnérables, aides aux PME, notamment – pour amortir l’effet du confinement sur l’économie. Mais, dans un pays où plus d’un tiers des emplois sont informels et où près de 4 millions de personnes vivent dans des bidonvilles, la quarantaine fait craindre une explosion de la pauvreté. Selon Mme Goyburu, « les conséquences de cette crise sanitaire sur l’économie vont être extrêmement graves et vont compliquer davantage le redressement du pays ».

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

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