Actualités

Coronavirus : au Portugal « nous ne savons pas si cela durera un, deux, ou trois mois »

Une rue de Lisbonne, le 30 mars. Rafael Marchante / REUTERS

L’onde de choc, très loin d’atteindre la densité dramatique de son voisin espagnol, affecte le Portugal où l’épidémie de Covid-19 progresse, avec 8 251 personnes contaminées recensées mercredi 1er avril, et 187 décès enregistrés contre 160 la veille. Jeudi, l’état d’urgence, instauré le 18 mars, a été prolongé par un décret présidentiel jusqu’au 17 avril, dans l’espoir de contenir la propagation du coronavirus à l’approche des fêtes de Pâques, qui donnent lieu, traditionnellement, à des regroupements familiaux dans ce pays de 10 millions d’habitants.

« Cette année, Pâques sera vraiment différente, les familles ne pourront pas rendre visite à leurs proches », a averti le premier ministre socialiste Antonio Costa, dans une déclaration diffusée mercredi soir par la chaîne de télévision SIC. « Nous ne savons pas si cela durera un, deux, ou trois mois, et c’est évidemment angoissant pour chacun d’entre nous, a-t-il encore déclaré, mais avril sera un mois décisif. Si nous faisons un gros effort au cours des prochaines semaines, nous commencerons à voir la lumière au bout du tunnel plus tôt. »

Lire aussi Coronavirus : plus d’un million de cas recensés dans le monde

Hier victimes de la cure d’austérité imposée lors de la mise sous perfusion financière du pays par la zone euro et le Fonds monétaire international pendant la crise des dettes en 2010, les hôpitaux portugais se préparent avec angoisse à devoir faire face à une probable augmentation des malades. « C’est comme être sur la plage dans l’attente d’un tsunami », résume José Paxiuta, spécialiste des soins intensifs à l’hôpital Sao José de Lisbonne, cité par le quotidien Publico. « Jusqu’à présent, la situation est gérable, nous avons du matériel de protection mais si nous devons nous effondrer, nous nous effondrerons (…) Aucun pays ne peut faire face à une telle situation. »

Série de restrictions

Gagné par la pandémie plus tardivement que d’autres, en raison de sa position géographique à l’extrémité occidentale du continent européen, mais instruit par la situation en Italie et en Espagne, le Portugal a adopté sans tarder une série de restrictions. Deux jours après les 50 premiers cas de Covid-19 détectés, début mars, les écoles ont fermé. Puis, les commerces, les cafés et les restaurants ont baissé leur rideau et la population a été invitée à rester chez elle.

Un confinement respecté quasi à la lettre, et désormais étendu. Seul couac : le maire de Porto, Rui Moreira, a vertement refusé de suivre les recommandations de la direction générale de la santé qui préconisait l’instauration d’un « cordon sanitaire » autour de la deuxième plus grande agglomération du pays, la plus touchée jusqu’ici par la contamination.

Source: International : Toute l’actualité sur Le Monde.fr.

Ajouter un commentaire

Click here to post a comment

%d blogueueurs aiment cette page :