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Le boom solaire se poursuit en Alberta malgré la flambée des prix du pétrole

Beaucoup d’organisations veulent réduire leurs émissions et réaliser leurs ambitions de neutralité carbone en 2050, explique la présidente du Centre, Nagwan Al-Guneid, dont l’organisme est une initiative de l’Institut Pembina et a pour mission de conseiller les entreprises qui souhaitent investir dans les énergies renouvelables.

Selon elle, l’abondance de vent et d’ensoleillement couplée au fonctionnement du réseau électrique de la province rendent la province très attrayante pour les investisseurs.

C’est en Alberta qu’on retrouve le seul marché de l’électricité non réglementé au Canada. La province compte une multitude d’entreprises productrices d’électricité qui peuvent vendre directement à leurs clients sans passer par un monopole d’État.

Selon Nagwan Al-Guneid, il y est donc beaucoup plus facile d’investir dans des projets d’énergie renouvelable. Beaucoup de ces investissements proviennent d’ailleurs d’entreprises de l’extérieur de la province et de compagnies pétrolières qui cherchent à réduire leur empreinte carbone.

Les contrats signés jusqu’à présent en 2022 ajouteront 191 mégawatts d’énergies renouvelables à la production albertaine.

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Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’Alberta fournit une ressource solaire semblable à celle de Rio de Janeiro, au Brésil.

Photo : iStock

Cette croissance survient en plus sans l’aide du gouvernement provincial qui a aboli plusieurs programmes visant à soutenir les énergies renouvelables après l’arrivée au pouvoir du Parti conservateur uni. Les projets résidentiels et commerciaux de programmes de prêts et de subventions mis en place par Ottawa et les municipalités.

Les affaires sont bonnes pour les producteurs d’énergies renouvelables, confirme Owen O’Connor, gestionnaire de projet chez Great Canadian Solar, une entreprise basée à Edmonton.

Il y a beaucoup d'activités, en particulier pour des projets de grande envergure dans le sud de la province, précise-t-il.

Le retour en force du secteur pétrolier, et les milliards de profits qu’il génère ne semblent d’ailleurs pas vouloir freiner l’enthousiasme pour le solaire et l’éolien.

Selon l’Alberta Electric System Operator (AESO), l’organisme qui gère le réseau électrique de la province, ces fermes solaires de grande taille avaient une capacité de production totale de 892 mégawatts en mai 2022, un nombre qui a été multiplié par sept en seulement deux ans.

AESO prévoit que la capacité devrait atteindre 11 700 mégawatts en 2025.

La flambée des prix du pétrole et du gaz devrait également alimenter l’intérêt pour le solaire et l’éolien, dont le prix est maintenant plus compétitif avec les combustibles fossiles.

Les défis de la main-d’oeuvre et l’approvisionnement

Les différents blocages dans les chaînes d’approvisionnement, y compris les inondations en Colombie-Britannique à l’automne, ralentissent cependant la construction de certains projets.

La rapide croissance de l’industrie crée aussi une forte demande pour la main-d'œuvre, note Owen O’Connor, qui a lui-même commencé sa carrière dans le secteur pétrolier.

On dépend définitivement du même bassin de travailleurs [que le pétrole et le gaz], explique le natif de Fort McMurray. On essaye d’être plus efficace en faisant le plus de pré assemblage possible. C’est quelque chose auquel tout le monde doit s'adapter.

Pour tenter de répondre à la demande, le Collège de Medecine Hat accueillait à la fin juin la première cohorte d’un programme qui vise à former des travailleurs du pétrole à l’installation de panneaux solaires.

L’instructeur-électricien Stan Hansen confirme que la demande est forte pour de la main-d'œuvre qualifiée. Beaucoup de gens sont fatigués des hauts et des bas de l’industrie pétrolière. Ils veulent quelque chose de plus stable. On voit beaucoup de gens d’autres industries qui se tournent vers le solaire.

Il note également que plusieurs de ses étudiants ont déjà des ententes pour aller travailler comme électriciens dans des entreprises d’énergie solaire.

Les travailleurs toujours intéressés

Plusieurs des participants au programme y sont par conviction environnementale. Les énergies renouvelables sont le futur. Le pétrole et le gaz ne vont pas durer éternellement, explique Michael Chow. Il travaille actuellement dans le secteur du gaz naturel, mais espère profiter de la formation pour se trouver du travail dans celui des énergies renouvelables.

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Michael Chow voudrait quitter le secteur du gaz naturel pour celui des énergies renouvelables.

Photo : Radio-Canada / François Joly

La remontée des prix du pétrole et du gaz ne suffit pas à le convaincre de changer de cap.

D’autres souhaitent marier les deux industries. C’est le cas Drayshawn Stanley. Il a fait la route depuis la Première nation de Frog Lake, dans le nord-est de l’Alberta, et travaille pour une entreprise pétrolière détenue et opérée par des autochtones.

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Drayshawn Stanley voudrait voir les énergies renouvelables se développer dans sa communauté de Frog Lake.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Il voudrait pouvoir convertir certains des milliers de puits de pétrole que compte la Première nation en petites installations solaires.

Ça permettrait de générer des revenus à long terme, explique-t-il. Ça va aussi fournir de l’électricité pour nos résidences et nos infrastructures.

Ça pourrait aussi faire fonctionner les pompes des puits de pétrole, ajoute-t-il. J’espère que je vais pouvoir rapporter ce savoir et que ça pourra bénéficier à toute ma communauté.

Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1895312/solaire-renouvelable-boom-travailleur-petrole-emploi.

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