Physical Address

304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124

Couler du métal pour sauver l’économie ukrainienne

Une lourde responsabilité que Galushkin Mykola, chef de la production, ne prend pas à la légère : On a un devoir de prendre soin des familles des employés. C’est d’ailleurs pour cela que l’entreprise a redémarré le plus tôt possible ses [activités : pour] soutenir le gagne-pain des milliers d’employés et […] donner un coup de pouce aux finances de l’Ukraine.

Chargement de l’image

Galushkin Mykola, chef de la production chez ArcelorMittal Kryvyi Rih.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

L’usine minière et sidérurgique intégrée comprend des mines de fer, des usines de traitement du minerai et deux mines à ciel ouvert, une cokerie, des ateliers sidérurgiques et trois ateliers de laminage des métaux. L’entreprise, qui emploie plus de 22 000 personnes et soutient indirectement quelques dizaines de milliers d'autres, a dû cesser ses activités au début de la guerre. Enfin presque…

Chargement de l’image

L’usine de métallurgie de Kryvyi Rih emploie 22 000 personnes dans la région.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

En février dernier, les activités minières ont été interrompues dans la région par mesure de prévention, dans la crainte de coupures d’électricité qui auraient pu empêcher toute évacuation des mineurs. Comme l'extraction des matières premières était au ralenti, l’un des plus importants employeurs de la région de Kryvyi Rih a dû réduire au maximum ses activités dans les hauts fourneaux.

Galushkin Mykola était très inquiet puisqu’il était hors de question de fermer complètement une aciérie. Non seulement une telle fermeture peut prendre plusieurs semaines et endommager gravement les installations, mais la complexité du processus force parfois à devoir attendre quelques années avant de pouvoir redémarrer les fonderies.

Chargement de l’image

L’usine métallurgique d’ArcelorMittal en Ukraine a été fondée en 1934.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Toutefois, à l’aide du chemin de fer et du gouvernement ukrainien, cette usine d’ArcelorMittal, qui a été privatisée en 1996, a pu avoir le minimum nécessaire pour fonctionner au ralenti grâce à un apport de matières premières en provenance de la Pologne notamment, puisque la chaîne d’approvisionnement russe a été complètement fermée au début de la guerre.

De quoi soulager des employés comme Donskov Anton, un Ukrainien qui s’occupe des opérations dans la salle de contrôle du haut fourneau numéro 6 : J'étais inquiet, car je craignais que l’usine soit fermée jusqu'à la fin de la guerre. Avec la reprise partielle des activités, cela me permet d’avoir suffisamment d’argent pour nourrir et prendre soin de ma famille.

Chargement de l’image

Donskov Anton craignait que l’usine de Kryvyi Rih reste fermée jusqu’à la fin de la guerre.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Il est aussi fier, dit-il, de contribuer au redémarrage économique de son pays et de pouvoir aussi, par ricochet, aider l’armée à défendre son pays. Un élan patriotique qui a d’ailleurs poussé pas moins de 2000 employés de la société métallurgique à s’engager dans l'armée.

Dans son bureau situé sur le vaste terrain de l’entreprise de Kryvyi Rih, Natalya Marynyuk, qui dirige le syndicat des employés, souligne le dévouement de ses membres qui ont quitté leurs familles pour défendre le pays contre les assauts russes : Nous leur avons fourni des gilets pare-balles, des casques, des valises, des sacs, et nous donnons un coup de main à leurs familles restées en ville.

Chargement de l’image

Natalya Marynyuk, qui dirige le syndicat des employés, souligne le dévouement de ses membres dans l’effort de guerre.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Jusqu’ici, huit employés de l’usine ont perdu la vie au combat et trois manquent à l’appel.

Pour l’instant, à cause du ralentissement forcé des activités, l’entreprise ne peut fournir de l’emploi qu’à 62 % de son personnel avec, en plus, des réductions de salaire.

Avant le début de la guerre, ArcelorMittal Kryvyi Rih exportait 85 % de sa production dans 115 pays. L’acier fabriqué dans la ville natale de Volodymyr Zelensky a notamment servi dans la construction de l’édifice Burj Khalifa à Dubaï.

Chargement de l’image

Certains employés de l’usine d’acier ukrainienne de Kryvyi Rih ont retrouvé le sourire depuis la réouverture des installations.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Avec la fermeture des ports d’Odessa et de Mykolaïv, l'entreprise a dû se résoudre à transporter ses produits par rail. Alors que les exportations pré-invasion étaient surtout dirigées vers le Moyen-Orient, le nord et l’ouest de l’Afrique, l’acier ukrainien est maintenant expédié vers l'Europe, les États-Unis et le Canada, notamment.

Galushkin Mykola se croise les doigts dans l'espoir de pouvoir redémarrer plusieurs départements de l'usine au cours des prochaines semaines. Un espoir que tous entretiennent ici, même s’ils sont conscients que la guerre peut, à tout moment, prendre un virage dramatique pour leur pays. En attendant, l’acier continue de couler…

Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1892499/acier-metal-economie-ukraine-kryvyirih.

Leave a Reply