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Geler les tarifs d’Hydro-Québec « n’est pas une bonne idée », selon sa PDG

C'est à peu près la pire chose qu'on peut faire pour accroître la disparité de richesse au sein de nos clients, a-t-elle fait valoir à Patrice Roy, mardi, lors d'une entrevue diffusée sur ICI RDI et au Téléjournal 18 h. Parce que, ce faisant, vous gelez [aussi] les tarifs de quelqu'un qui a tous les sous pour les payer.

Mme Brochu s'était rendue disponible en marge du dévoilement de son bilan de la tempête du 21 mai, qui aura coûté 70 millions de dollars à Hydro-Québec, soit plus de deux fois le montant qu'elle avait d'abord estimé.

La facture de cette catastrophe naturelle ne sera pas refilée à la clientèle de la société d'État, a rappelé Mme Brochu; ces coûts seront plutôt retranchés du bénéfice qu'Hydro-Québec verse chaque année au gouvernement.

Cette façon de faire découle de la « loi 34 », adoptée sous le bâillon en 2019, qui prévoit que les tarifs d'hydroélectricité doivent maintenant être assujettis à l'inflation.

Les libéraux, eux, souhaitent revenir en arrière et redonner ses pleins pouvoirs à la Régie de l'énergie qui, auparavant, entendait les représentants d'Hydro-Québec annuellement afin de fixer les tarifs d'hydroélectricité pour l'année à venir.

La proposition se retrouve d'ailleurs dans la plateforme électorale du PLQ, dévoilée de manière hâtive la fin de semaine dernière.

Nous gèlerons les tarifs d’électricité, le temps de remettre en place un mécanisme indépendant de détermination des tarifs, plutôt que de les rattacher à l’inflation comme l’a fait le gouvernement actuel, peut-on lire.

Les libéraux proposent en outre de [cesser] le prélèvement de la taxe de vente (TVQ) sur la facture d’électricité, d’ici à ce que le nouveau mécanisme de détermination des tarifs soit mis en place.

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La PDG d’Hydro-Québec se prononce notamment sur le gel des tarifs d’hydroélectricité souhaité par les libéraux.

Une situation fort différente de celle aux États-Unis

Appelée à commenter la suggestion libérale de geler temporairement les tarifs d'hydroélectricité, Sophie Brochu a notamment rappelé mardi que les tarifs d'électricité au Québec sont [déjà] les plus faibles en Amérique, alors qu'aux États-Unis, ils montent en flèche parce qu'ils sont ancrés sur le prix du gaz naturel.

Oui, la société d'État fait présentement beaucoup de sous avec l'exportation, parce que le prix de l'électricité est fixé sur le prix de l'énergie fossile, a admis sa PDG, qui connaît bien l'industrie du gaz, elle qui a dirigé Énergir de 2007 à 2019. Mais Hydro-Québec pâtit en même temps de l'inflation qui fait exploser ses dépenses, a-t-elle ajouté, prenant pour exemple les transformateurs gris en haut des poteaux, dont le prix a augmenté de 75 % sur à peu près 18 mois.

Ces dépenses, à un moment donné, il va falloir les récupérer, fait valoir Mme Brochu.

Dans ce contexte, le gel des tarifs serait-il une erreur? Oui, a répondu la PDG d'Hydro-Québec. Et je ne dis pas ça du point de vue politique. Là, je vous réponds comme une économiste de l'énergie qui gère un service public.

En vertu des règles établies par le projet de loi 34, les tarifs d'hydroélectricité ont grimpé de 1,3 % le 1er avril 2021 et de 2,6 % le 1er avril dernier.

Or, les plus récents chiffres de Statistique Canada sur l'inflation donnent à penser que ces tarifs pourraient grimper de 6 % ou 7 % l'an prochain si rien n'est fait.

Inquiet, le gouvernement Legault avait d'abord laissé entendre qu'il interviendrait pour limiter la hausse des tarifs d'hydroélectricité avant de déposer un projet de loi en bonne et due forme qui devait avoir pour effet de les plafonner à 3 %.

Présentée à 48 heures de la fin de la session parlementaire par le ministre Jonatan Julien, la pièce législative est toutefois morte au feuilleton.

Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1891085/prix-cout-hydroelectricite-plq-dominique-anglade-hydro-sophie-brochu.

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