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Un beau-fils pour la vie

L’amour maternel peut prendre diverses formes. Pour Christine Beaulieu, l’attachement pour son ancien beau-fils a perduré bien après sa séparation avec le père de celui-ci – et s’est avéré réciproque. Pour la première fois, ils se sont assis pour discuter de ce lien particulier qui les unit.

Laila Maalouf

Laila Maalouf La Presse

L’un de ses premiers souvenirs de Christine remonte à ses 7 ans. Émile Dubois accompagnait son père en voyage en Italie, où la comédienne était en tournée pour un spectacle de théâtre. « Je me rappelle que c’était comme un évènement d’aller la rejoindre. J’imagine autant pour mon père que pour moi », raconte le jeune homme.

Aujourd’hui, Émile a 24 ans. L’âge qu’avait Christine Beaulieu lorsqu’elle a rencontré le père d’Émile et qu’elle est devenue la belle-mère de cet enfant qu’elle a tout de suite adopté.

« Avec Émile, ça n’a jamais été compliqué. C’était un enfant très facile à aimer », se souvient-elle avec émotion. Elle lui a donné son bain, lui a raconté des histoires le soir, l’a reçu dans sa famille, où il se rappelle encore ces beaux temps des Fêtes.

« J’étais contente d’avoir un beau-fils, et lui, il était bien content qu’on soit ensemble », souligne-t-elle, alors qu’il évoque cette période de sa vie où elle a été sa belle-mère, de 7 à 15 ans, comme un moment « charnière » de sa vie.

Un lien indéfectible

Photo Dominick Gravel, LA PRESSE

Christine Beaulieu et Émile Dubois

Même si Christine Beaulieu s’est séparée du père d’Émile lorsqu’il était adolescent, leur lien n’a pas disparu. Elle confie que ce qui a été le plus difficile pour elle dans cette séparation, c’était de penser qu’elle ne verrait plus jamais ce garçon à qui elle avait donné tant d’amour.

La relation qui a pris fin, c’est celle entre mon père et Christine. Mais ça n’oblige pas à ce que celle entre Christine et moi prenne fin nécessairement. Ce qui est bien, c’est que je n’ai jamais senti que mon père voulait que cette relation entre moi et Christine prenne fin non plus.

Émile Dubois

« La séparation a eu lieu quand j’étais ado, donc il y a eu un moment où nos chemins se sont divisés. Mais j’ai toujours su qu’on allait prendre contact de temps à autre ; je n’ai pas senti que c’était une séparation définitive », souligne Émile.

De son côté, Christine ne savait pas trop comment faire pour conserver sa relation avec Émile, tout en respectant la nouvelle vie de son ex.

Puis il y a eu cet été à Carleton, en Gaspésie, qui est sans aucun doute, pour l’un comme pour l’autre, le moment qui leur a confirmé qu’ils pouvaient continuer à entretenir un lien « au-delà de la relation officielle de belle-mère, beau-fils ». La comédienne jouait dans une pièce et restait dans un chalet sur place avec son nouvel amoureux. Émile, lui, s’était fait une blonde qu’il voulait rejoindre à Carleton. « Je ne sais pas comment ça s’est passé dans sa tête, mais en tout cas, il s’est retrouvé avec nous pendant deux ou trois semaines », raconte-t-elle en riant.

Mais pour lui, le raisonnement était bien simple, au fond. Christine en Gaspésie, c’était comme si quelqu’un de sa famille y était.

« J’étais tellement contente qu’il soit là, de vivre ces moments importants avec lui. On a eu du fun ! Et pour moi, ce n’était pas du tout bizarre d’avoir Émile sous mon toit. C’était tout à fait naturel, je faisais juste continuer la relation que j’avais avec lui. Et c’est là que je me suis dit que c’est donc possible de continuer d’avoir une relation avec cet enfant-là. »

Retour du balancier

Photo Dominick Gravel, LA PRESSE

Même si Christine Beaulieu s’est séparée du père d’Émile lorsqu’il était adolescent, leur lien n’a pas disparu.

Depuis, il y a eu d’autres moments qui lui donnent les larmes aux yeux quand elle y pense. Comme la fois, il y a trois ans, où il est venu lui apporter des fleurs avec sa blonde pour son anniversaire. « Là, j’ai vraiment pleuré, dit Christine Beaulieu. Ça m’a beaucoup touchée de le voir. C’est beau, comment les choses reviennent avec le temps, comme un retour du balancier. Tout cet amour, toute l’énergie et le temps que je lui ai donnés quand il était petit… Il ne pouvait pas comprendre, c’est normal, il ne pouvait pas se rendre compte de tout ce qu’on a eu ensemble. »

« Pour moi, ce sont des souvenirs inoubliables. C’est beau pour moi de voir Émile grandir parce que je l’ai vu tout petit, avec ses forces, ses petites faiblesses de garçon. Il a pris beaucoup d’assurance en grandissant, je suis vraiment impressionnée. Il a une amoureuse, il réussit super bien dans ses études. Je ressens beaucoup, beaucoup de fierté pour Émile et je me dis : si j’ai pu lui donner l’amour dont il avait besoin le temps que j’étais là, tant mieux. Ce n’est quand même pas banal, cette proximité qu’on a eue. »

Source: https://www.lapresse.ca/societe/famille/2022-05-08/un-beau-fils-pour-la-vie.php.

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