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Changements climatiques : les mésanges charbonnières pondent leurs œufs plus tôt

Une mésange charbonnière sur une branche d'arbre.

Une mésange charbonnière

Photo : Université d’Oxford/Keith McMahon

Ces oiseaux constituent un excellent sujet d'étude écologique, car ils adoptent facilement les nichoirs de conception humaine, se reproduisent facilement, ne s'éloignent pas beaucoup de leur lieu de naissance et ne sont pas inquiétés de la présence des scientifiques.

Ces derniers peuvent ainsi marquer un grand nombre d'oisillons (avec des anneaux aux pattes) pour les suivre tout au long de leur vie.

Une mésange charbonnière dans la main d'un chercheur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une mésange charbonnière munie de bagues, dans la main d’un chercheur.

Photo : Université d’Oxford/Nicole Milligan

Au printemps 1947, des biologistes de l’Université d'Oxford commençaient à observer la population de mésanges charbonnières dans cette forêt de l'Oxfordshire devenue au fil des temps un véritable laboratoire vivant. Le 27 avril, ils assistaient à la ponte d’un premier œuf.

Ce fut le début d'une longue relation continue entre une population d'oiseaux et des générations de chercheurs, affirment les auteurs dans un communiqué publié par l’Université.

La forêt de Wytham, au Royaume-Uni.

La forêt de Wytham, au Royaume-Uni, est un véritable laboratoire naturel.

Photo : Université d’Oxford/Keith McMahon

Au printemps 2022, le premier œuf de l'année est arrivé le 28 mars, soit presque exactement un mois plus tôt que son prédécesseur d'il y a 75 ans, une tendance qui s’est installée au fil des années.

Ce changement est un signal clair des effets du changement climatique sur l'un de nos oiseaux de forêt et de jardin les plus familiers. Ce sont des études de ce type qui nous permettent de déterminer les conséquences des changements, notent les biologistes.

Le moment de la ponte des œufs de l’espèce est influencé par plusieurs facteurs tels que le climat, les interactions sociales et la santé des arbres de la forêt, que les chercheurs commencent à comprendre en termes de vulnérabilité et de résilience potentielle aux changements climatiques.

Les biologistes, qui ont suivi chaque oisillon en enregistrant la date exacte de la ponte des femelles et la date d'éclosion de ses œufs, affirment noter une tendance précoce dans le calendrier des comportements saisonniers.

Une couvée d'oisillons d'une mésange charbonnière dans la main d'un biologiste.

Une couvée d’oisillons d’une mésange charbonnière dans la main d’un biologiste.

Photo : Université d’Oxford/Ella Cole

En fait, selon eux, les mésanges ne font que s’adapter aux changements dans leur chaîne alimentaire. Par exemple, les chenilles qu’elles mangent apparaissent plus tôt au printemps, puisque les feuilles des arbres dont elles se nourrissent apparaissent aussi plus tôt.

Une mine d’or d’informations

Grâce à la clairvoyance de ceux qui ont lancé l'étude et au travail de plusieurs générations de chercheurs sur le terrain, nous avons accès à un registre unique qui fournit des informations importantes sur l'écologie et le comportement d’une population d'oiseaux dans la nature, note John Krebs, professeur émérite de zoologie, qui a réalisé son doctorat sur les mésanges de Wytham dans les années 1960.

Un nichoir de la forêt de Wytham .

Les chercheurs d’Oxford comptabilisent les données de reproduction provenant de 1209 nichoirs.

Photo : Université d’Oxford/Ella Cole

Les chercheurs d'Oxford comptabilisent les données de reproduction provenant de 1209 nichoirs ainsi que des informations concernant plusieurs indicateurs écologiques de la forêt.

Au fil des ans, de nouvelles technologies se sont ajoutées aux instruments de travail des biologistes, notamment les balises électroniques, des caméras, des outils de télédétection et des tests génétiques permettant de dresser le génome des oiseaux.

Pas moins de 70 thèses de doctorat ont été réalisées depuis le début du projet et pas moins de 350 études ont été publiées dans les revues scientifiques.

En mars dernier, des scientifiques américains associés au musée Field d'histoire naturelle de Chicago ont publié une étude dans le Journal of Animal Ecology (Nouvelle fenêtre) (en anglais) qui montrait que plusieurs espèces d’oiseaux aux États-Unis nichent et pondent leurs œufs un mois plus tôt qu’il y a cent ans.

Selon leurs résultats, le tiers des 72 espèces d’oiseaux étudiées nichent et pondent en moyenne 25 jours plus tôt qu’il y a un siècle.

À lire aussi :

  • Les dinosaures ont transmis l'art de dissimuler les œufs aux oiseaux

Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1881252/oiseaux-foret-wytham-nichoirs-eclosions-reproduction.

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