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Le 19 janvier 2007, l’usine Madelipêche partait en fumée aux Îles-de-la-Madeleine

Le 19 janvier 2007, la journaliste de Radio-Canada Line Danis commente l’incendie qui sévit à Cap-aux-Meules. Les images du brasier sont filmées par TVI, la télévision communautaire des Îles-de-la-Madeleine.

Les deux tiers de l’usine, qui employait alors 60 personnes, sont détruits. À l’approche du début de la chasse au phoque, la population espère que la transformation du loup marin pourra se faire quand même, préservant ainsi quelques emplois.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, moins d’un mois plus tard, le 16 février 2007, Line Danis est de retour en onde pour commenter un autre incendie. Cette fois-ci, c’est l’usine de transformation de fruits de mer Madelimer qui est la proie des flammes. Située dans la municipalité de Grande-Entrée, la compagnie emploie 400 Madelinots.

Madelipêche, un acteur économique important

Nos journalistes se sont souvent intéressés à Madelipêche, car l’usine a subi de nombreux naufrages et sauvetages au cours de son existence.

En 1984, la compagnie frôle une première fois la catastrophe en raison de la faillite de Pêcheurs unis du Québec. L’entreprise sera sauvée in extrémis par le gouvernement du Québec qui la restructure par une loi spéciale.

Dans ce reportage diffusé à La semaine verte le 2 mars 1986, le journaliste Marc Pichette revient sur le sauvetage de l’usine Madelipêche par le gouvernement du Québec.

La semaine verte, 2 mars 1986

Développé durant la crise des années 1930, le mouvement coopératif a longtemps permis aux Madelinots de prendre en main leur propre destinée.

Vers 1972, le mouvement coopératif des pêcheurs des îles s’intègre à Pêcheurs unis du Québec, mais la faillite de la coopérative des Pêcheurs unis du Québec entraîna à sa suite celle de la compagnie Madelipêche au milieu des années 1980.

C’est en 1982 que Pêcheurs unis du Québec commence à vivre de graves difficultés financières. En 1984, la Commission d’enquête sur Madelipêche inc. et Pêcheurs unis du Québec (Commission Marceau) publie son rapport.

Devant l’importance stratégique de Madelipêche pour l’économie des Îles-de-la-Madeleine, le gouvernement de René Lévesque décide de sauver Madelipêche en rachetant les bateaux et en restructurant la compagnie.

Les installations sont modernisées. Madelipêche dispose d’une flotte de huit bateaux de plus de 100 pieds et des entreprises affiliées dont Crustacés des Îles

Homard, pétoncle, crabe, morue, plie et sébaste, les captures de Madelipêche représentent environ 30 % de toutes les captures du Québec.

En 1986, Madelipêche est la plus importante entreprise de pêche au Québec. Son quota de sébaste pour cette seule année est de 45 millions de livres.

Vers la privatisation de Madelipêche

Malgré le succès de la compagnie, on estime que le gouvernement aurait investi autour de 48 millions de dollars dans son fonctionnement de 1978 à 1985. L'arrivée au pouvoir des Libéraux en 1985 entraînera une remise en question du rôle de l'État dans la société Madelipêche.

Le sens des affaires, 26 novembre 1986

Le 26 novembre 1986 à l’émission Le sens des affaires, le journaliste Réal Barnabé présente un reportage sur la privatisation de Madelipêche.

Dans le reportage, les employés de la compagnie sont inquiets de voir les acquis de leur convention collective se réduire ou de carrément perdre leur emploi avec l’achat de la compagnie.

Malgré des déficits de quatre millions par année qui étaient épongés par le gouvernement, Madelipêche intéresse tout de même plusieurs entreprises et investisseurs, comme un groupe de 11 Madelinots avec l’homme d’affaires Paul Delaney en tête. Ce sont eux qui en deviendront finalement propriétaires en 1987.

Dans le domaine de la pêche, les captures sont les données les plus difficiles à prévoir, plus difficiles que le marché lui-même.

L'usine a connu de belles années, mais a souffert énormément du moratoire sur le sébaste dans les années 1990

En 1983 aux Îles-de-la-Madeleine, le sébaste représentait plus de la moitié des débarquements de poissons. Au cours de cette période faste, Madelipêche employait jusqu’à 500 personnes pour la transformation du poisson. Mais durant toute cette période, où Ottawa multiplie les permis de pêche pour la pêche au sébaste dans le golfe Saint-Laurent, la ressource entame le déclin de son cycle naturel.

En 1994, Pêches et Océans Canada diminue les quotas de moitié et ferme totalement la pêche au sébaste en 1995.

« Les circonstances sont là et il faut passer à travers. Pour employer des termes maritimes : n’importe qui peut être capitaine quand il fait beau. C’est quand il fait mauvais qu’on a besoin d’un vrai capitaine. »

— Une citation de  Paul Delaney, président Madelipêche 1995

L’usine sera mise sur pause et fonctionnera au ralenti durant plusieurs années. Les activités se tourneront vers le loup marin prisé pour sa fourrure et son huile.

Aujourd’hui, les actionnaires de l’entreprise madelinienne espèrent la relance de la pêche au sébaste attendue pour 2026.

La pêche est le premier moteur économique des Îles-de-la-Madeleine avec 169,2 millions de retombées annuelles. En 2021, le homard et le crabe des neiges représentaient 95 % de la valeur des débarquements.

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Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1855351/madelipeche-usine-poisson-peche-economie-iles-de-la-madeleine-incendie-archives.

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