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100 ans de luttes sociales pour la CSN

Se battre afin d'obtenir des droits fondamentaux…

« Ils [les grévistes] voulaient améliorer leurs conditions de travail, réduire leurs heures de travail et augmenter leurs salaires et ils exigeaient aussi la reconnaissance de leur syndicat. »

— Une citation de  Jean Marchand, président de la CSN, parlant en 1963 de la grève de 1937 aux chantiers navals et aux fonderies de Sorel

En 1921, à Hull, est créée la Confédération des syndicats des travailleurs catholiques du Canada (CTCC).

Sa naissance est favorisée par l’Église catholique, qui veut détourner les travailleurs du Québec de l’influence, jugée néfaste, des syndicats américains.

Par la CTCC, l’Église cherche à faire la promotion de sa doctrine sociale qui vise à combattre l’attrait chez la classe ouvrière du socialisme et du communisme.

Après sa création, la CTCC mène plusieurs grèves qui ont pour objectif l’amélioration de la condition ouvrière.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Aujourd’hui, 20 novembre 1963

C’est ce que rappelle Jean Marchand au cours d’une entrevue qu’il accorde à Andréanne Lafond lors de l’émission Aujourd’hui, le 20 novembre 1963.

L’émission est coanimée par Michelle Tisseyre et Jacques Languirand.

Celui qui est alors le président de la Confédération des syndicats nationaux (nouveau nom de la CTCC depuis 1960) fait un survol de certains des conflits de travail les plus significatifs dans la province de Québec entre 1930 et 1960.

Jean Marchand détaille par exemple les raisons qui poussent les travailleurs à faire la grève à la Dominion Textile ainsi qu'aux chantiers navals et aux fonderies de Sorel en 1937.

Il résume aussi le contexte de la grève des tisserands de Louiseville et au magasin Dupuis et Frères en 1952, ainsi que celui de la grève des réalisateurs de Radio-Canada en 1959.

Jean Marchand rappelle que ces grèves mettaient en avant des revendications communes : améliorer les conditions de travail et salariales et reconnaître aux travailleurs le droit d’association, c’est-à-dire de se syndiquer.

Cependant, la grève dont M. Marchand ne parle pas est peut-être la plus importante.

Il s’agit de la grève des travailleurs de l’amiante de Thetford Mines, en 1949. Jean Marchand et la CTCC étaient sur les premières lignes.

La grève de l'amiante est gravée dans la mémoire des Québécois, notamment pour la brutalité que les policiers y ont déployée.

Elle a aussi donné une impulsion au concept de droit d’association syndicale dans la Belle Province.

… pour les employés de l’État…

À partir de 1948, Jean Marchand a, au sein de la CTCC, un compagnon de lutte qui s'appelle Marcel Pepin.

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Propos et confidences, 16 décembre 1990 (extrait 1)

Ce dernier sera négociateur syndical au cours de plusieurs conflits de travail, comme il le rappelle lui-même dans cet extrait de l'émission Propos et confidences du 16 décembre 1990.

Les deux hommes régleront des questions salariales, mais également des questions de normes, comme l’ancienneté et le droit aux listes de rappel.

Dans ce deuxième extrait de l'émission Propos et confidences du 16 décembre 1990, Marcel Pepin rappelle notamment la grève des infirmières de l’hôpital Sainte-Justine en 1963.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Propos et confidences, 16 décembre 1990 (extrait 2)

Celle-ci se conclut par le droit de grève pour ces employées de l’État.

En 1964, Marcel Pepin succède à Jean Marchand comme président de la CSN.

En 1966, durant sa présidence, la reconnaissance syndicale et le droit de grève seront négociés avec succès pour l’ensemble des employés de l’État québécois.

De nouveaux fronts d’action commencent à être envisagés sous l’impulsion du discours plus radical sur les inégalités proposé par Marcel Pepin.

… et ses employées

« On est rendus à l’étape de s’attaquer aux fondements mêmes de la discrimination salariale après avoir disposé de discriminations plus évidentes.  »

— Une citation de  Monique Simard, vice-présidente de la CSN, 1988

En 1975, le Québec reconnaît le principe du salaire égal pour un travail équivalent en l’enchâssant dans la Charte des droits et libertés de la personne. Le Canada suit l’exemple du Québec en 1977.

La bataille pour faire appliquer l’équité salariale homme-femme devient une priorité pour la CSN dans les années 1980.

Il faut rappeler qu’à la fin de cette décennie, 53 % des membres cotisant à la CSN étaient des femmes.

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Impact, 20 février 1988

Le 20 février 1988, l’émission Impact qu’anime Robert Guy Scully présente une interview avec la vice-présidente de la CSN, Monique Simard.

Celle-ci se concentre sur la question de l’équité salariale.

Monique Simard explique que le problème principal, c’est la ségrégation salariale.

Certaines catégories d’emploi, majoritairement occupées par des femmes, sont sous-payées par comparaison avec d’autres catégories d’emploi dans lesquelles les hommes sont majoritaires.

Il faut supprimer cette discrimination.

Quand Robert Guy Scully invoque le fait qu’établir l’équité salariale pourrait coûter très cher, Monique Simard réplique que l’énormité de la somme démontre l’ampleur du problème.

La vice-présidente de la CSN explique par ailleurs pourquoi le combat de l’équité salariale se mène principalement dans le secteur public.

C’est souvent, avance Monique Simard, dans des emplois gouvernementaux qu’on trouve des catégories d’emploi dévalorisées.

Par ailleurs, les gouvernements ont l’obligation de respecter les lois qu’ils ont adoptées en matière de discrimination salariale.

Le secteur privé devrait idéalement suivre leur exemple par la suite, ajoute-t-elle.

La CSN fait partie de la Coalition en faveur de l’équité créée en 1989 et participe à La marche du pain et des roses de mars 1995 contre la pauvreté.

Le 21 novembre 1996, l’Assemblée nationale du Québec adopte à l’unanimité une loi proactive sur l’équité salariale, la loi 35.

La CSN de Gérald Larose

Dans les années 1990, la CSN s'occupe aussi d'autres questions problématiques dans le monde du travail.

C'est ce qu'on constate dans cette entrevue qu'accorde le président de la CSN, Gérald Larose, à Pierre Maisonneuve, qui anime l'émission Maisonneuve à l'écoute, le 23 mai 1996.

Sur toutes ces questions, mais aussi sur l''établissement d'un système national de garderies ou d'assurance maladie universel, la CSN a été a l'avant-garde du combat pour le progrès social au Québec.

 En complément :

  • Madeleine Parent : une syndicaliste qui ne faisait pas toujours dans la dentelle
  • De grandes figures du syndicalisme pour la Journée internationale des travailleurs
  • Il y a 20 ans décédait le syndicaliste Marcel Pepin
  • Il y a 10 ans décédait Michel Chartrand, l’éternel protecteur des droits des travailleurs
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Source: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1834964/csn-syndicalisme-histoire-archives.

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